Octobre noir 1999 avec Black on Both Sides du brooklynite Mos Def. Par où commencer… Tant de choses à dire sur cet album essentiel. Dans mon top3 de 1999 avec dans le désordre Like Water For Chocolate de Common et Chronic 2001 de Dr Dre, dans le désordre. Et le Volume 3 de Jigga. Merde ça fait top4. Quelle extraordinaire fin de millénaire ce fut.
Le Mighty Mos Def était destiné à être un très grand MC. Son ascension dans le rap jeu en 3 étapes-clefs :
– 1996 : featuring sur Stake Is High des De La Soul (« Big Brother Beat »)
– 1997: participation sur Lyricist Louge vol.1
– 1998 : le classique BlackStar avec Talib Kweli
Puis automne 99, son solo magique Black on Both Sides.
– Note maxi dans le ‘zine Groove.
– à la Fnac, CD marqué « attention talent ».
– sur MTV passait souvent le clip « Ms Fat Bootie » avec son sample d’Aretha Franklyn génialement joué à la RZA (merci Ayatollah). Classique direct.
L’album démarre par un sample de Fela Kuti pour lancer une démonstration de flow avec maestria (« Feat not a man »), suivi de la profession de Foi « Hip Hop » (produit par Diamond D) et d’un « L.O.V.E. » où j’ai bloqué dessus en replay trop de fois avant de passer à la suite. Black on Both Sides est bien plus que du rap-jazz engagé, c’était sur le dessus de la belle vague rap « conscient » du mouvement Soulquarian, avec d’autres entités telles Talib Kweli, The Roots, Slum Village et Common, dans le prolongement du mouvement Native Tongues. À propos de Native Tongues, les Tribe Called Quest ne sont pas loin. Q-Tip pose sur le refrain de « Mr Nigga » (inspiré de « Sucka Nigga », avec un sample de Gil Scott Heron) et Ali Shaheed produit « Got » pour la grosse dose de vibes.
L’aisance du flow du Mos, sa voix, ses intonations, son identité verbale et… en plus le bougre sait chanter comme sur le refrain du magnifique « Umi Says ». La chanson complète gravée dans le crâne. Pour info c’est Will.I.Am des Black Eyed Peas qui joue les claviers (oui il a grave mal tourné bien des années après). Pas que jazz et soul, ça part en live punk-rock, au sens propre sur « Rock n Roll ». Qui l’eut cru qu’il partirait un peu dans cette direction sur l’album suivant The New Danger cinq ans plus tard… Au dessus du stratosphérique « Climb » avec Stacy Epps, c’est les étoiles. Et ce triptyque joué sur « Brooklyn » avec ce xylophone samplé de Roy Ayers (sample culte). La trop chouette flûte de « Habitat » qui rend hommage aux ghettos d’ici et d’ailleurs… Chaque écoute est une véritable re-découverte et provoque la même excitation qu’à sa sortie, LA MÊME.
Rha et ce coup de pied au cul « Do It Now » avec l’explosif Busta Rhymes. Le dernier long morceau « May December » est entièrement instrumental, comme si la magnificience de Black On Both Sides ne suffisait pas… Le trop discret 88-Keys est une véritable perle, hyper talentueux, mélodieux. Pas qu’un simple souvenir impérissable, ce chef d’oeuvre de Mos Def est un grand classique, écrit et interprété par un grand MC, et qui s’écoute aujourd’hui, demain. Intemporel, engagé, grandiose, toujours d’actu t’as vu.


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