Kelis « Tasty » @@@@


À chaque album, une phase de la vie. Kaleidoscope représentait la mort de l’adolescence dans un déluge d’émotions, Wanderland l’entrée dans la vie adulte avec la découverte de l’indépendance, et sur Tasty, Kelis s’effeuille en une femme plus sexy, plus provocante, plus… épanouie et libre. Et ce troisième album, plus goûtu, une boîte de bonbons aux goûts et saveurs différentes. Miam!

Cet épanouissement artistiquement survient paradoxalement alors que la chanteuse s’éloigne peu à peu de ses producteurs fétiches les Neptunes, petit à petit remplacés par d’autres producteurs tout aussi (sur)doués et créatifs. Pharrell et Chad Hugo resteront cependant les auteurs de son énorme tube « Milkshake« . Cette chantilly de synthés secouée par percussions (et de la petite note de triangle qui arrive comme la petite cerise), wow ! Et ce refrain que l’on connaît par coeur « my milkshake brings the boys to the yards », on a bien compris ce à quoi Kelis fait référence. Plus sulfureux, « In Public » (produit par Rockwilder) avec (celui qui sera un temps son mari) le rappeur Nas présente des situations d’ébats sexuels qui pourraient finir en vidéo amateur sur un site pornographique.

On assistait donc – je disais – sur Tasty aux dernières collaborations entre Kelis et les Neptunes, à son dernier opus sur leur label Star Trak. Les deux cerveaux réalisent le tiers de l’album, en comptant le single « Milkshake » et « Flashback », titre science-fictionnesque repêché repêché de Wanderland (son véritable second album). Le radieux « Sugar Honey Iced Tea » est doux comme un matin câlin et ensoleillé, avec un petit coup de saxophone pour la touche de sensualité. « Protect My Heart » est tout aussi agréable avec sa pointe de musique latine. « Rolling Through The Hood » est en revanche une chanson bien plus amère, puisqu’il est question de rumeurs qui circulent et de relations qui se déchirent. Un peu à l’image de celles ternies entre notre femme fatale et les deux neptuniens…

Parmi les autres producteurs appelés sur cet album sucré, le premier dans la trackliste est Dallas Austin. Il signe le tube pop divertissant « Trick Me » aux basses bien rondes et « Keep It Down » qui se situe dans un registre électro-rock. Le grand Raphael Saadiq apporte quant à lui une touche soulful dorée et chocolatée avec « Attention » et « Glow« , et emmène Kelis par la main jusqu’au « Marathon » final. Le chanteur-compositeur de Lucy Pearl sera là pour elle l’album d’après (Kelis Was Here). Mais le phénomène qui signe le meilleur morceau de Tasty n’est autre que Andre 3000 des Outkast. « Millionaire » est cet uptempo culte up tempo parfaitement funky et psychédélique, avec une légère pointe de new wave.

Il n’y a rien à jeter sur Tasty, bien que certaines chansons ne seront pas du goût de tout le monde. Ce troisième album de Kelis sera son plus gros succès commercial, sans rien changer de sa très forte personnalité. C’est fou comme les albums suivants sans les Neptunes sont devenus tout de suite moins intéressants…

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