Archives du mot-clé Motown

Lil Yachty « Teenage Emotions » @@½


Parmi les Power Rangers de la trap, ou plutôt la bande Mumble Trappers, comptez sur force jaune (Young Thug), bleu (Lil Uzi Vert) et rouge/violet avec Lil Yachty. Il y a deux ans encore, personne ne murmurait le nom de ce dernier et en deux EP seulement, cet original originaire d’Atlanta a fini signé chez Motown à 18ans, tandis qu’il était décrié pour son zéro pointé en matière de Hip Hop. Vous avez bien lu Motown, label ô combien légendaire qui a depuis plusieurs années perdu de son excellence, sans vouloir jouer le vieux qui rouspète. Je n’ai pas parié un seul kopeck sur Yachty mais je m’étais dis « pourquoi pas… »

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BJ The Chicago Kid « In my mind » @@@@


Beaucoup d’attente autour de BJ The Chicago Kid. D’abord parce qu’il a su prendre son temps pour nous faire languir, entre ses superbes extraits diffusés sur Internet depuis cinq ans et ses apparitions remarquables en featuring sur (une liste longue comme ça) des sorties rap et r&b les plus marquants de ces dernières années. Mais la principale raison de cette attente est probablement parce qu’il est, à 31 ans, l’un des meilleurs chanteurs soul/r&b de sa génération.

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Busta Rhymes « Back On My B.S. » @@1/2


busta-rhymes-back-on-my-bsOn ne peut pas dire que Back On My Bullshit soit bien né, encore fallait-il que sa conception fusse sous de bons auspices. Rewind vers l’année 2007, Busta Rhymes fait parler du successeur de The Big Bang. Before Hell Freezes All Over, c’était le nom de ce second album chez Aftermath Records, toujours dans une veine apocalyptique. Mais malheureusement, il fait plus parler de lui dans les rubriques à potins et judiciaires pour ses affaires d’agressions, peut-être pour tester la méthode de DMX. Mauvaise publicité pour Bus-a-bus.

Mais peu importe les démêlés avec la justice, sa maison de disque lance la promotion de Blessed; l’album a changé de nom entre temps ce qui a provoqué une seconde erreur de communication. Difficile de s’y retrouver dans ce méli-mélo quand Busta affirmait de son côté que son 8e disque sera Back On My Bullshit. Trop tard, la locomotive est lancée à pleine vitesse avec deux singles pour le prix d’un, « We Made It » avec les Linkin Park et le jumpoff « Don’t Touch Me », tout aussi dément que « Touch It ». Touche ou pas touche, Busta voit les choses en grand et force le destin quoiqu’il arrive, le docteur étant trop occupé sur sa thèse Detox. Pire, en pleine promo, il s’embrouille avec son grand patron, Jimmy Iovine. Des divergences et des problèmes de tracklisting qui ont conduit vers une cassure de contrat et son départ précipité vers une autre maison, Universal Motown.

C’est reparti pour un nouveau bordel. Contraint de devoir laisser une partie de son album, Busta Rhymes récupère une moitié du bébé, Dre gardant une partie dans du formol et le reste est éparpillé n’importe comment : « I Got Bass » ne restera qu’à l’état de clip, pareil pour « Don’t Touch Me » et c’est fort dommage. « We Made It » devient une iTunes bonus track, « G-Stro » (produit par les Neptunes) finit sur la bande-son de Fast & Furious 4 et l’album retrouve le nom qu’il a toujours voulu lui donner : Back On My Bullshit, ou B.S pour rester poli. C’est Pharrell qui a eu l’idée de ce titre, car en abrégé, ça fait BOMB. D’ailleurs, cette idée qui n’est pas la sienne est la seule vraie idée de ce disque.

Il fallait s’en tenir à cette phrase pour voir que c’était foutu d’avance. Busta avait déclaré qu’ « un album de Busta sans J Dilla n’est pas un album de Busta ». Gros problème : il n’y a pas de track produite par J Dilla. Promesse non tenue, Back On My BS n’est pas un vrai disque de Busta… C’est con, la pochette est vachement sympa.

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Ryan Leslie « Ryan Leslie » @@@1/2


Pas mal de mes contacts viennent me demander des conseils ou comment j’écris mes chroniques. J’avoue que ça me fait plaisir de pouvoir discuter musique et jouer les conseillers. Et ça me fait un peu peur des fois de réaliser de l’importance de l’influence que je porte dans mes avis lorsque je lis des commentaires élogieux. C’est ma modestie naturelle (sans déconner). Perso, Bobby Milk a toute mon estime et je me considère être un fan des chros de Raging Bull. À partir de là, je ne me considère pas moi-même comme un très bon chroniqueur car j’ai envie de progresser encore et encore.

Très souvent dans ces échanges, il y a une question qui revient, pour savoir si j’ai fait des études de journalisme ou quoi : hé ben non. Effectivement j’ai été rédacteur/chroniqueur sur Rap2K mais actuellement je fais un tout autre métier (dans le domaine scientifique). Vu que ça faisait un moment que je n’avais pas écrit d’article qui sortait de l’ordinaire (ça reste relatif), je me suis dis « tiens pourquoi ne pas faire une série d’articles ‘comment écrire une chronique’ » mêlant humour et ma propre réalité. Car tant qu’à faire, si j’ai ouvert un blog, c’est pour m’exprimer plus librement hein. Fini de faire des gentilles chroniques politiquement correctes (lèche-boules?) pour les gentilles maisons de disque et les gentils artistes qui ont mis tous leurs sous dedans. Ras le popotin de ça. Quelque part, il est tout de même important de tenir compte de l’aspect ‘travail’ d’un artiste, même s’il s’est pas foulé ou qu’il a mis des chiottes dans son studio.

Mais bon, malgré le profond respect que je porte pour cette profession et mon immense dégoût pour l’industrie du disque, j’avoue plus facilement ce que j’aime ou pas en argumentant plus ou moins. Je ne sais pas trop s’il y a eu une rupture entre ma façon d’écrire de maintenant et celle d’avant la création du blog, je n’ai pas suffisamment de recul. Et pis je n’ai pas beaucoup d’égo, j’ai beau être critique avec mon taf ou mes articles, je ne suis pas là pour qualifier ce que je fais de bien ou pas. Bien sûr, j’apprécie des commentaires positifs et parfois négatifs tant que c’est justifié, le reste j’m’en branle comme de ma première couche. Tout comme le sempiternel débat sur l’objectivité. De toute façon, comme indiqué dans la colonne de droite, j’assume ma subjectivité, absolument ! Un seul argument me suffit à rompre ce débat sans fin : si toutes les chroniques sur un sujet précis étaient identiques ou unanimes, c’est que 1) on vit dans un monde sans liberté d’expression 2) c’est que les humains sont programmés génétiquement à avoir les mêmes goûts (impossible dans l’absolu) 3) c’est la même personne qui l’a écrite sous différents noms.

Bon, après tout ce monologue bien chiant, je proclame le premier volet de ma série ‘comment faire une chronique’ avec l’album éponyme de Ryan Leslie. Le pauvre, il va subir mon avis critique, je le plaindrais presque ! Pour de vrai, je n’ai pas l’air sadique, je suis juste content par moment d’avoir trouvé une formulation assassine par moment. Les formulations sont la clé d’une chronique forte, peu importe comment on argumente. Une phrase qui tue, en bien ou en mal, ça percute l’esprit du lecteur. Mais je m’avance un peu, parce que là, il faut d’abord faire une intro. Pas besoin d’écouter un disque pour faire une présentation d’un artiste. D’habitude, je fais tout de mémoire mais il m’arrive régulièrement de consulter plusieurs sites pour me renseigner sur certains détails, pourvu qu’ils soient intéressants pour être retenus. Ça me frustre parfois de devoir passer par là pour faire une chro, sauf quand je fais une ‘spéciale’ (un truc hyper original comme ça m’arrivait de faire sur Rap2K).

J’ai du mal avec le conformisme et les formalités, ça me saoule. Ça m’ennuie aussi de devoir redire la même phrase ou les mêmes mots dans plusieurs articles (genre « c’est très bon », « le beat pas mal », « ça commence par une intro », « cet instru tue », « featuring Lil Wayne », « l’autotune ça pue »…). Alors je me creuse la tête pour trouver des phrases inédites et pleines de subtilités sorties tout droit de mon esprit qui caractérisent ma façon d’écrire. Je ne dis pas m’exprimer ‘oralement’ car dans la vie je parle pas très bien le françois, je finis pas mes phrases la moitié du temps… BREF – voyez comme je suis un grand bavard – Ryan Leslie n’a pas de lien de parenté avec notre chanteuse nationale Leslie, Ryan Leslie fait du r&b comparé à elle (et pan). Un détail dont je ne sais pas si ça a son importance, c’est le contexte dans lequel vous écrivez : moi, là, c’est Dimanche après-midi, j’ai bien mangé au resto et je suis le match de rugby France-Angleterre. Navré si je brise le mythe. Et donc, ce Ryan Leslie a 31 ans et vient d’Harlem. Il est le producteur qui a lancé la carrière de Cassie, mais ce que je ne savais pas, c’est qu’il devait sortir un premier solo, Just Right, en 2005. C’est normal que je ne fusse pas au courant, ce projet n’est pas sorti des bureaux de chez Bad Boy Records, son label. Pas de bol. Il y aussi une couille dans son CV, c’est qu’il a produit pour Matt Pokora… Mmmh, ça ne joue pas en sa faveur je l’admets, mais vu que j’ai entendu du bien sur cet album éponyme…

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Q-Tip « The Renaissance » @@@@@


Voilà l’album que je crevais d’envie d’écouter depuis plusieurs mois. Et je me dois vous dire un vrai scoop, en toute honnêteté : The Renaissance n’usurpe pas son intitulé, ce second album de Q-Tip (en fait son troisième en comptant son bootleg Kamaal the Abstract) est à la hauteur de nos attentes. C’est du Hip Hop vrai de vrai, « comme on n’en fait plus aujourd’hui. » Personnellement, c’est bien plus que ce à quoi j’espérais depuis tellement longtemps, et pourtant Dieu sait que cet album représentait beaucoup. Comme l’élection historique de Barack Obama ce Mardi 4 Novembre, date de naissance de ce new hip-hop classic. Je ne dis pas que Tip est comme une sorte de vrai messie du Hip-Hop, mais c’est tout comme. Il a ressuscité le Hip-Hop. C’était écrit, c’est le nom de son nouvel album.

Depuis quand n’ai-je pas ressenti la sensation d’écouter un nouveau classique hip-hop, comme ça a été le cas pour College Dropout, Speakerboxxx & The Love Below, le Black Album, Be de Common, ou plus tard Game Theory des Roots,…Des mois, des années. Evidemment, quand vous découvrez un album qui date des années 90 (par exemple) et dont vous avez qu’il s’agit d’un classique parce qu’il en est certifié par l’opinion publique et la presse rap, vous arrivez à comprendre pourquoi en l’écoutant. Ça se passe de commentaires, c’est dans les consciences. Mais c’est un peu différent quand c’est un disque qui vient de sortir. Bien sûr, on retrouve l’effet d’addiction quasi immédiat ou la découverte de l’immense potentiel d’un album par les impressions qu’il procure, l’ambiance, les beats, le génie de son auteur, son flow, ses lyrics, etc… Il y a de multiples facteurs et critères non-obligatoires qui définissent un classique et en écouter souvent nous apprend à les distinguer.

Ici, comme à chaque fois que j’ai « su » que j’écoutais un nouveau classique, il y a un truc en plus, d’indéfinissable mais d’une certitude très forte, très profonde. Ça ressemble à un coup de foudre musical, quelque chose d’intense, passionnément, à la folie, qui s’amplifie par cette pensée : « le plus fou, c’est que c’est la réalité ». Du coup, j’ai envie de dire « fuck tous les albums rap de 2006 à 2008 », car parmi les meilleurs crus sortis durant cette période, à part quelques exceptions (dont je serai ravi de vous citer plus tard), quasiment aucun ne m’a fait autant vibrer que celui-ci, et je pressens que ça le sera durablement. Déjà, « Gettin’ Up », le premier single, m’a incroyablement revigoré, ça m’a fait un bien fou. Je me suis dit dans ma tête : « pourvu que tout l’album soit de cette teneur. » C’est à partir de là que j’ai compté les jours avant que le hip-hop renaisse. Et, miracle, mon voeu s’est produit.

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Nelly « Brass Knuckles » @@


Plus de 20 millions d’albums vendus rien qu’aux Etats-Unis, voilà ce qui fait le palmarès de Nelly. Même KRS-One le vantait d’être la raison pour laquelle le hip-hop vendait tant de disques dans le monde. Country Grammar était véritablement un album unique en son genre dans le paysage Midwest/Dirty South, et après ce succès phénoménal, c’est comme si Nelly a préféré devenir l’archétype du rappeur archi-commercial, au sens superficiel et commun du terme. Ceci étant, après quatre disques vendus comme petits pains (industriels), dont l’incroyable coup double Sweat/Suit (et de sa version album unique incluant « Grillz »), Nelly va devoir faire face à un défi de taille s’il veut perdurer dans le rap game : reconquérir l’intérêt de ses millions d’acheteurs potentiels. Les scores de vente de Brass Knuckles (Motown/Universal), son nouvel album, rendront compte de la popularité actuelle de Nelly.

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