Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Nate Dogg « Music & Me » @@@¾


La mort de Nate Dogg en le 15 Mars 2011 a laissé un grand vide dans le rap game. Sa voix en or 24 carats et ses refrains gangsta et mélodieux, qu’il facturait selon les rumeurs des dizaines de milliers de $, c’étaient toujours de grands moments. Même que sur sa tombe, il est gravé ‘king of hooks’. Mais Nate n’était pas qu’une légende des featurings ou refrains, trois albums à son nom sont sortis et le seul que j’arrive vraiment à considérer comme un « vrai » album de sa part, c’est son 2e, Music & Me, sorti peu avant Noël 2001.

Pourquoi je parle de « vrai » album? Parce que le double CD G Funk Classics ressemblait à une compilation d’enregistrements inédits de chez Death Row et l’album auto-intitulé en 2003 n’est sorti qu’en digital à une époque où personne ne payait pour des mp3, et donc a fini bootlegué. Deux flops au compteur. Music & Me a obtenu bien plus de considération de la part du public, alors que ce n’est pas le meilleur projet du crooner westcoast paradoxalement. Le comble ultie, c’est que cet album n’a même pas été disque d’or alors qu’il enchaînait les singles en platine, le plus récent chronologiquement étant « The Next Episode » de Dr Dre. Bref, quoi qu’il ait fait pour prouver qu’il était capable de concevoir un album qui tienne la route, ça marchait pas des masses. Peut-être aussi parce qu’il n’était pas aussi fort sur album solo qu’en featuring? Question fâcheuse.

Pour Music & Me, le choix de prodos était bien vu (shout out à Bink) mais c’était pas non plus du caviar. Si ce n’est que la prod de Dr Dre « My Wife » est redoutable et le côté « j’aime ta femme » de Nate résonne bien. Le single « I Got Love » (et son remix avec MC Breed), c’est la grande classe. Heureusement on garde quelques bombes comme « Keep It Gangsta » avec Xzibit et Lil Mo ou le très réussi « Another Short Story », à côté de track juste ‘ok’ comme « Backdoor » et un « Can’t Nobody » trop long. Lyricalement et niveau chant, on a connu Nate Dogg bien plus inspiré également, il n’a pas cherché à se surpasser, innover, et c’est dommage. Il reste fort en mode « normal », sans se décarcasser. On attendait plus que ça d’un tel artiste, et pas rien qu’un bon disque californien post-Chronic 2001.

Cela me fait penser à cet adage qui dit que les cordonniers sont les plus mal chaussés. On dira ici que Nate aurait pu trouver des smokings mieux taillés (de la part de Jermaine Dupri notamment), un autre comble pour un pimp comme lui. Il y a toujours les amis pour l’aider à briller, comme Kurupt, Snoop Dogg, Ludacris… mais il y a le grand absent : Warren G. L’invité surprise, c’est Pharoahe Monch (à droite) sur le superbe « I Pledge Allegiance » produit par Mel-Man (l’ancien bras droit de Dre à l’époque de 2001).

Pour résumer Music & Me : des qualités, pas tant de vrais défauts et surtout un goût d’inachevé qui reste en travers de la gorge. Observation : « peut tellement mieux faire », nos oreilles sont blasées. Plus de deux décennies après, ça reste un bon souvenir malgré tout. C’est du Nate Dogg avec son attitude gangsta ultra-respectée qui a toujours la cote.

LA NOTE : 14,5/20.

Postez vos avis!

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.