Après des passages chez les deux labels emblématiques de New-Orleans, No Limit et Cash Money/Young Money Records dont il a été le premier signataire, Curren$y est devenu une sorte de free agent prêt à développer son esthétique basé sur sa passion pour l’automobile. En 2010, il signe un contrat avec la structure DD172, fondée par un certain Damon Dash (le type à gauche de Curren$y), ancien partenaire de biz de Jay-Z (c’est un des cofondateurs de Roc A Fella Records, rien que ça). Y sortiront Pilot Talk I et II en Juillet puis Novembre.
La production est majoritairement laissée entre les mains de Ski Beatz (ancien producteur du tandem Camp Lo) avec des instrus parfois mélodieux qui ne lésinent pas sur les instruments live (surtout sur le II avec les Senseis). On notera même pour le single « King Kong » une pointe d’électro. Les cinéphiles auront tilté que la phrase du refrain « King Kong ain’t got shit on me » est repris du personnage de ripoux admirablement joué par Denzel Washington dans le film Training Day (et qui lui aura valu un Oscar). Pour Pilot Talk II, c’est « Michael Knight » qui a servi d’extrait principal. Hé ouais, du nom du héros incarné par David Hasselhoff roulant au volant de KITT, sa Pontiac parlante dans la célèbre série K-2000 (mon enfance <3).
Philosophie de cette série Pilot Talk, comme presque tous les albums de Currensy : cruising, aquarium de weed en plein road-trip et des images de bolides… Des tracks qui s’écoutent comme on mate de belles bagnoles comme « Breakfast » (co-produit par… Mos Def!), « Skybourne », « Life under the Scope », « Montreux », « Famous », « Fashionably Late »… ça fait un sacré garage, une concession même. Sur le siège passager ou à l’arrière, des jeunes plein de juice à l’aube de leur carrière, comme Dom Kennedy, Big KRIT, Stalley et Sir Michael Rocks des Cool Kids. On notera aussi la présence outre de Mos Def de celle du plus rare Jay Electronica sur « The Day ». Egalement des rois de la fumette comme l’ami Wiz Khalifa et les vétérans Snoop Dogg et Devin The Dude sont de la partie, mais aussi Raekwon (pour un remix) et Fiend (qui finira sur son label Jet Life). C’est bien ça, ça rend le concept intergénérationnel.
Pilot Talk, une duologie qui deviendra une trilogie puisque quelques années plus tard sortira Pilot Talk 3 (mon préféré, perso) en 2015. Puis une quadrilogie avec le IV sorti en 2021, le moins bon de tous. Beaucoup d’auditeurs ont été intronisés à la Jet Life de Curren$y à travers ces deux opus qui sont un vrai référentiel dans le début de carrière du rappeur, et ont découvert aussi ses protégés Young Roddy et Trademark, et prirent la route avec eux pour quelques virées pépères.
LA NOTE : 16/20.


Postez vos avis!