Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

JasonMartin & DJ Quik « Chupacabra » @@@@


Chupacabra est en réalité la suite du très bon Rosecrans de DJ Quik & Problem, paru en 2017, ça fait déjà un petit moment. Alors oui, entre temps, le rappeur de Compton d’origine allemande Problem a arrêté d’utiliser ce surnom pour prendre son prénom-nom sans espace. Et, ce ne sera pas qu’un détail, leurs noms été inversés sur ce nouveau projet collaboratif qui ressemble plus à une compilation vu la quantité hallucinante d’invités Westcoast, mais pas que.

Les deux artistes de Compton ont d’abord invité des mecs de Compton, ça semble logique. The Game répond présent, il est même trop assidu puisqu’il cumule quatre featurings, à commencer par le premier titre de présentation « Chupacabra » avec son piano ‘à la Dr Dre’ avant de se faire défoncer par le vétéran Suga Free sur « Cold Ass 2 Step ». L’autre comptonnien (ça se dit?), c’est ce gars dont tout le monde parle et qui fait du hip-hop/house, le sulfureux Channel Tres. Il manquait Kendrick Lamar pour marquer les esprits mais môssieur avait sûrement d’autres choses à faire. Channel Tres qui, associé le génial Thundercat, propose « Chupa’s Groove » pour substituer au traditionnel « Quik’s Groove », qui devient ici « A Quik Message » (sponsorisé par DJ Drama). D’ailleurs DJ Quik est en retrait sur ce Chupacabra, moins impliqué au rap et propose moins de productions, ce qui peut expliquer pourquoi le nom de JasonMartin passe en premier puisqu’il co-produit pas mal de tracks, dont « Fresh White T » avec cette ligne de basse à la Bootsy Collins signée Dominique Sanders.

DJ Quik est plutôt là pour faire des flashbacks comme sur « Eazy Call » et « Meet The Whoops », utiliser des boucles assez folles, et tant pis si elles sont connues, comme celle de « Suzie Tendertussy » sur « Dern & Spruce », le seul morceau où Jason et David Blake se retrouvent qu’à deux. Pour en revenir aux morceaux ‘à l’ancienne’, il a cette dinguerie bourrée de P Funk et de Roger Troutman « Workout », titre gangsta-party bien lourde et funky pré-G Funk, avec Lil Jon pour faire remuer les plus récalcitrants.

« Since I Was Lil » (avec la brochette Bun B, Curren$y et Jay Worthy) qui est une excellent track pour un ride nocturne, avec cette petite mélodie en fond typiquement L.A. à l’ancienne. Comme je disais au début de la chronique, cet album a plus des allures de compilations, les invités prenant l’espace sur plusieurs morceaux, par exemple « Ditto » avec Cee-Lo Green et la chanteuse r&b Gwen Bunn. Sur « Money, Cars & Guns » avec Dom Kennedy, la paire Channel Tres/Thundercat ont repris les commandes de la prod. « Two Hi (Waves) » est limite un mini-festival conviant Wiz Khalifa en tête d’affiche, avec l’orchestre des Free Nationals et un cameo de George Clinton en personne. Mais c’est pas tout. L’invité surprise c’est bien sûr Kaytranada qui produit « Ayo », et qui fait bien entendu du Kaytranada. Mais c’est amusant d’entendre comment DJ Quik s’en sort sur ce morceau dansant faisant office d’intrus bien visible.

Quand on prend du recul avec Chupacabra, ce qui plaît par dessus tout, c’est sa diversité, entre rap westcoast de toutes les époques, pluriel, multi-style, trans-générationel, avec des invités parfois inattendus, prestigieux, et qui curieusement complètent parfaitement le tableau. Clairement, cet album sort des sentiers battus et on sent le deux protagonistes prendre un malin plaisir à nous transporter dans plein d’ambiances différentes. Et peu importe si justement cela rend Chupacabra très hétérogène, c’est la richesse qui fait tout dans le cas présent.

LA NOTE : 15,5/20.

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