Après une remise en selle réussie avec ELE2 durant la pandémie, il y avait espoir que ce onzième au nom très évocateur et bien trouvé puisse nous faire renouer avec le Busta Rhymes qui savait faire des bangers originaux comme il y a plus de vingt ans. Surtout qu’il était annoncé à la production Swizz Beatz, Pharrell Williams et Timbaland, j’ai fait ‘wow’, les plus gros hitmakers des années 2000 ! Il manquait Scott Storch et Lil Jon pour compléter le tableau, là ça aurait été absolument dingue. [Blanc]. Quelle naïveté…
C’était trop beau pour être vrai : Blockbusta est une catastrophe planétaire. Le rappeur new-yorkais est en pilote automatique sur des beats majoritairement traps, avec zéro originalité (on pourrait dire dans le négatif), à côté d’artistes trap (Young Thug, Kodak Black, j’oublie les autres). Strictement, aucun, intérêt. La touche de Timbaland est tellement diffuse, flotteuse, qu’on ne devine pas ce qu’il a co-produit (deux morceaux). On savait le producteur en perdition depuis plusieurs années (au point qu’il est même à fond sur l’IA…), ça se vérifie malheureusement ici. Timbo n’a plus du tout son ‘truc’ depuis qu’il s’est fait ré-implanter des veuch. Le choix de featurings est encore plus problématique à plus d’un titre. Pas seulement les ‘trappeurs’ bien établis parce le virage trap est franchement naze, mais inviter des individus comme Chris Brown avec son passif d’agresseur, DaBaby après ses propos homophobes (dont il s’est jamais excusé), T-Pain qui est devenu ringard… C’est l’incompréhension, l’effet répulsif direct.
Pharrell produit deux morceaux. Parmi eux, « ROBOSHOTTA » avec Burna Boy, où les origines jamaïcaines de Busta prennent le dessus, est insipide à souhait. Et ce « Tings » je n’en parle même pas, trop light. Aux oubliettes. Swizz Beatz? En mode écolo, il recycle « Ain’t No Nigga » de Jay-Z et Foxy Brown pour « Luxury Life » (avec Coi Leray) et sample « Soul Makosa » de Manu Dibango pour en faire un instru complètement rincé « Return of Mansa Musa ». Du foutage de gueule, pur et simple. Une giga flemme s’empare de moi pour essayer de finir Blockbusta. Rageant de voir qu’après avoir retrouvé une forme ‘Ozempic’, Busta a réussi à tomber artistiquement plus bas que sa sombre période chez Young Money avec Year of the Dragon.
La seule bonne idée de Blockbusta aurait pu être son titre, encore aurait-il fallu que l’album soit vendeur. Ce fut tellement un flop qu’on est en droit de se demander si ça n’a pas été la raison de l’annulation de sa tournée prévu en 2024. S’il fallait faire une analogie, Blockbusta c’est niveau straight-to-DVD plutôt que IMAX. Si je pouvais bloquer cet album de Busta sur Tidal, je l’aurai déjà fait depuis longtemps. Lourde déception. C’est le volcan qui a accouché d’une souris, à moitié morte. Bouse-ta Rhymes quoi.
LA NOTE : 6/20


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