Entre 2020 et 2022, la pandémie de COVID a été synonyme de millions de décès, parmi lesquels plusieurs artistes Hip-Hop, sans que la cause de leur disparition soit forcément liée à une infection à la maladie. Fred The Godson, MF Doom, notre DJ Duke national, l’anglais TY et, cet immense poids lourd du rap new-yorkais, DMX, qui nous a quitté le 9 Avril 2021 à l’âge de 50 ans. Attaque cardiaque suite à une overdose de cocaïne. Earl ‘X’ Simmons laisse derrière un beau patrimoine rap et quinze enfants.
La carrière de DMX a été assez folle, toute sa période chez Def Jam, avec comme seul frein sa personnalité ingérable il faut dire, un talent gaspillé par la drogue et les séjours en prison notamment qui l’ont mis sur la touche par la force des choses. Même son dernier opus officiel Undisputed sorti en 2012 ne semblait pas un réel album solo de l’ancien chef de file des Ruff Ryders. Plus dans le coup, plus au top, c’est moche mais c’est ainsi. Mais on savait tou.tes que quelque part son talent demeurait inégalé et que son authenticité pouvait refaire des étincelles un jour ou l’autre, restait à savoir quand… C’est ce à quoi s’était attaché à faire son producteur historique Swizz Beatz, qui s’était remis en ordre de travail avec DMX après un retour annoncé chez Def Jam en 2019. Et c’est Swizzy qui a eu la lourde mission de porter ce huitième album de DMX baptisé Exodus jusqu’à son processus final.
‘Exodus 1:7’ est le verset issu de la Bible tatoué sur son cou, comme on peut le voir sur la pochette sur l’avant-dernière piste (avec Usher). C’est aussi le nom de son plus jeune garçon, à qui il dédie ce disque. Cet album posthume qui fait écho à sa carrière incroyable entre 1998 et 2005. Il manquait Eve ou Drag-On pour compléter le tableau mais on ne peut pas tout avoir dans la vie. Mais déjà entendre The Lox sur « That’s My Dog » fait plaisir à entendre, au bon souvenir des Ruff Ryders, de même que réunir Jay-Z et Nas sur « Bath Salts », entendre trois titans new-yorkais sur un même morceau est forcément un moment fort. Ses grognements ont beaucoup manqué, sa voix plus rauque que jamais , comme ses accès d’agressivité très communicatifs sur « Money Money Money » (qui sample « J’ai le coeur en joie » de … Chantal Goya). J’ai buggé plusieurs secondes pour digérer cette information.
Pas sûr que sampler « Sexual Healing » de Marvin Gaye soit un choix judicieux pour « Take Control » (qui invite Snoop Dogg), mais bon, ainsi soit-il. Cela rend l’exercice difficile de pleinement mesurer la performance de DMX sur Exodus, tant plus de la moitié de ces quarante minutes est complétée par des featurings dont les performances prennent parfois beaucoup trop d’espaces. C’est le cas en particulier de ‘madame Beatz’ Alicia Keys sur « Hold Me Down » (un poil trop propre/pop) et Bono des U2 (l’étonnement) sur « Skyscrappers ». En général on n’entend DMX poser qu’un seul couplet, deux dans le meilleur des cas, ce qui nous laisse sur notre faim et c’est bien normal. Surtout vu comment certains beats de Swizz sont patates dans la première partie d’Exodus, l’appétit augmentait. Ceci ne gâche pas non plus l’écoute du très sombre « Hood Blues » avec le trio de tête de Griselda, entendre DMX s’exciter sur un sample de jazz est savoureux. « Walking In The Rain » (où Nas fait une seconde apparition) montre aussi la facette d’un DMX qui prenait un chemin rédempteur. Puis vient la dernière « Prayer », ce rendez-vous immanquable de X sur chacun de ses albums et que l’on écoute solennellement.
DMX est resté jusqu’au bout l’homme qu’il a toujours été, un ‘dog’ très agité, brut de décoffrage et fidèle à son instinct. Nos espoirs n’ont pas été douchés car il faut reconnaître que non seulement l’héritage, l’aura et la style de DMX sur ce disque posthume ont été respectés, mais il faut reconnaître aussi que Swizz Beatz a fait du… bon travail. Oui je l’ai dit, j’en suis moi-même stupéfait.
LA NOTE : NON


Postez vos avis!