Gucci Mane « Evil Genius » @@@


Lorsque Gucci Mane avait sorti Mr Davis en Octobre 2017, tout de suite après avait-il signalé l’arrivée imminente de El Gato The Human Glacier. Et lorsque El Gato était sorti à la fin d’année dernière, il avant annoncé que son prochain album s’appellera Evil Genius et le voilà qu’il débarque un an plus tard, alors qu’on se questionnait de savoir si Gooch s’était permis une année sabbatique, alors qu’il avait sorti trois projets en 2017.

Qu’on l’aime, qu’on le déteste ou qu’on s’en branle, inutile de présenter en 2018 Gucci Mane, sa vie, son oeuvre, vous avez sûrement grandi avec, enfermé de gré ou de force dans une trap house. Lui comme nous en connaissons les recoins de cette baraque, au point qu’on pourrait presque prédire à quoi ressembleraient ses prochains titres. C’est probablement la raison pour laquelle le premier tiers d’Evil Genius donne cette impression blasante que Gucci est en pilote automatique, avec des prods trap dans la norme de la norme. Skip track 1 skip track 2 skip les passages de Quavo, 21 Savage, skip jusque « Father’s Day » produit par le jeune Metro : ça y est il se passe enfin un truc intéressant. La partie centrale ne démérite pas, avec des titres tels que « Lost Y’all Mind » (avec ses synthés grinçants mais pas irritants), le sombre « I’m Not Goin » avec Kevin Gates et le single « Wake Up In The Sky » qui loue les services de Bruno Mars, histoire d’avoir quelque chose d’attractif à mettre sur le sticker du CD qui figurera en bonne place dans les bacs. Au bout de compte, qu’une poignée de morceaux présentent un réel intérêt.

Quand on réalise que l’unique album de Gucci Mane en 2018 contient bon nombre de pistes sous la barre des trois minutes, de plusieurs featurings qui pourraient être ses garnements (Lil Yachty, Kodak Black, des membres des migos à plusieurs reprises…), les mêmes producteurs qu’on voit partout ailleurs et sur ses précédents projets (les Southside, les Cubeatz et Murda Beatz, Metro Boomin, etc…), il y a quoi de soupirer face à cette standardisation. Ou être aux anges, c’est selon, tout dépend du point de vue et de si Evil Genius peut rendre un sentiment de satisfaction.

Dans les deux cas, Evil Genius rempli le contrait mais pèche par la suffisance d’un glorieux artiste qui n’a plus besoin d’entretenir sa légende et du fait qu’il vit sa meilleure vie ne fait plus le moindre effort pour servir sa sauce habituelle en pensant que ça passera comme une lettre à la poste, comme 50 Cent en fin de carrière. Le maître trappeur d’Atlanta n’est plus très loin de l’auto-caricature à ce rythme-là et c’est limite gonflé de sa part de s’être permis de critiquer Eminem (certes avec un bon argument) pour faire un peu d’esbroufe promotionnelle, tout ça pour un album studio ‘mainstream’ demi-écrémé et au titre pompeux.

Et pas encore d’annonce d’un futur album à l’horizon.

 

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