The Diplomats « Diplomatic Ties » @@@½


Depuis le split de Roc-A-Fella Records à la fin 2004, les Diplomats n’avaient plus sorti un seul album en tant que tel. Après quoi, de l’entente fraternelle, les quatre membres des Dipset sont passés à des querelles intestines, puis à autre chose, chacun vacant à ses occupations dans son coin, on y reviendra brièvement. Le plus dingue dans l’histoire a été la poursuite de leur culte par leurs fans les plus fidèles jusqu’à maintenant et c’est peut-être une des raisons qui a rendu possible la sortie de ce mini-album Diplomatic Ties en 2018. Quasi un miracle.

ET CESSEZ DE MATER CES BOOBS !

On ne peut pas dire que Cam’Ron, Jim Jones, Juelz Santana et Freekey Zeekey aient marqué la décennie qui se termine, leur impact a été des plus négligeables. La carrière de Killa Cam fut des plus erratiques, entre mixtapes, projets avortés et un Purple Haze 2 qui s’efface peu à peu de l’horizon, le rappeur pourpre de Harlem n’a survécu que grâce au statut d’icône que lui ont conféré ses die hard fans, sa mixtape très médiocre The Program sortie l’an passé l’a démontré. Businessman dans l’âme, Jim Jones a pu tirer son épingle du jeu en travaillant pour Koch Records et a enregistré plusieurs albums solos, dont le très moyen Capo en 2011 et très récemment Wasted Talent que je n’ai pas écouté. On attend un éventuel album en major via Roc Nation (hé oui, après avoir taclé Jay-Z durant la seconde moitié des années 2000). À l’opposé, Juelz Santana, que dalle, treize ans qu’on a attend avec un mince espoir un retour en solo ou en duo (avec Lil Wayne) et toujours rien, alors que Freekey Zeekey, lui, a pu sortir un disque en indé mais c’était il y a onze ans (Book of Ezekiel).

Et les voilà tous enfin réunis, pour le meilleur et pour le pire ? Le refrain autotuné de Trav sur le titre d’introduction « Stay Down » n’est pas très avenant (ils auraient pu mettre French Montana franchement) mais, qu’on aimait ou pas les Diplomats du temps de leur gloire, on ne boude pas notre plaisir de les écouter rapper sur une prod de The Heatmakers. Mais là ce ne sont pas des souvenirs. À l’ancienne, ou presque, « Sauce Boyz« , confirme l’excellente forme des Heatmakers, leur crack music fait toujours des ravages et à écouter « Dipset Forever« , on aimerait espérer que cette réunion ne soit pas que temporaire. Mais pas pour faire des titres comme « On God » (avec le pourtant irréprochable Belly), pas fan de la prod de Murda Beatz, ou inviter Tory Lanez et sa voix d’ado pré-pubère sur « No Sleep« .

On ne s’ennuie pas avec Diplomatic Ties, entre un « Sauce Boyz« , « Uptown » produit par un certain J Armz, il y a cette bombe (auto-intitulée) avec The Lox produite par les Cool & Dre. C’est la rencontre tardive entre deux crews qui ont survécu à une époque où il fallait choisir son camp entre les Dipset, les Ruff Ryders, le G Unit, Bad Boy et Roc-A-Fella. Il n’y a plus que les collectifs des Dipset et D-Block qui sont restés (plus ou moins…) en activité toutes ces années. Mais dans quel état? Il suffit d’entendre les prestations pour le moins déplorables de Juelz Santana, terriblement affaibli au point qu’on ne lâche qu’un rictus à sa rime « Your girl put my dick in her mouth and did the beatbox ». Les autres ça va, mais punaise ce que Juelz a perdu… Heureusement, le monstrueux Un Kasa avec sa voix rugueuse débarque pour le morceau de fin.

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