L’Orange « The Ordinary Man » @@@@


En quelques années seulement, L’Orange s’est imposé au sein du label indépendant Mello Music Group comme un des producteurs incontournables, au même titre qu’Oddisee et Apollo Brown. Et comme Apollo, ce féru de vieille Soul music est un habitué des projets collaboratifs, aux côtés de Stik Figa, Jeremiah Jae, Kool Keith et plus récemment avec Mr Lif (The Life & Death of Scenery). Le producteur originaire de Caroline du Nord, comme un certain 9th Wonder, vous présente maintenant The Ordinary Man, son quatrième effort solo.

Si vous avez le goût de l’ancien, du vintage comme on dit de nos jours, nul doute que vous apprécierez sans rechigner les samples issus de vinyles qui remontent à la première moitié du XXe siècle brocantés par L’Orange. Des fois sixties et seventies mais le plus souvent, les galettes noires qu’il séquence avec son sampleur ont l’âge de nos grands-parents, voire arrière-grands-parents (s’ils sont encore parmi nous). Son empreinte sonore très jazzy et bourrée de charme se rapproche de ce qui se faisait dans notre bonne vieille France il y a dix ans de cela avec les parisiens des Jazz Liberatorz, et plus récemment Smokey Joe & The Kid.

Toute la magie de L’Orange consiste à ré-arranger ces samples pour donner une seconde vie à des oeuvres chargée d’histoire et à forte valeur sentimentale, ce qui nécessite beaucoup d’amour et une certaine idée du luxe, pour en faire des instrumentaux hip-hop à caractère cinématique. Quitte à faire dans l’anachronisme, en plus de cultiver un certaine exigence, il convie des pointures undergrounds de tout bord, comme Del The Funky Homosapiens (« Blame the Author« ), blu et Elzhi (réunis sur « The Difference« ), Oddisee (« Look Around« ), et d’autres encore plus modestes dont la renommée et le talent ne sont pas encore unanimement reconnus (Chuuwee). Mais il est vrai que sans featuring, les purs instrumentaux se suffisent à eux-seuls. Pas que les invités soient obsolètes (loin de là), mais prenez « The Love/Hate Relationship Between Rabbits & Magic« , c’est à tomber parterre. En revanche, les beats ne sont pas son point fort. L’Orange utilise des schémas trop classiques, ça manque d’originalité quand on focalise son oreille dessus. Autrement, on est ravi de reconnaître sur « Cooler than Before » le sample de « I Keep Asking You Questions » des Black Ivory (celui du célèbre « Criminology » de Raekwon produit par RZA) ou encore « Il suffit d’un jour » de Liz Brady, une chanteuse de variété française de la période yé-yé, sur « Plastic Fame« .

 

Cependant, The Ordinary Man est moins extraordinaire qu’à l’accoutumée et c’est presque avec une certaine ironie qu’on réalise que certains instrus s’appellent « The Misery Routine« , « Everyday Illusion« … Est-ce parce que nos oreilles se sont habituées aux instrumentaux de L’Orange ou parce que lui-même s’est installé dans une certaine routine? Les deux raisons sont vraies. Mais on ne se lasse pas du spectacle.

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