The Book of David est le premier album solo de DJ Quik depuis six ans, déjà. Cela ne veut pas dire que David Blake (de son vrai nom) est resté les bras croisés depuis Trauma en 2005. En 2008 il a produit Egotrippin de Snoop Dogg aux côtés de Teddy Riley et BlaQKout avec Kurupt deux ans plus tard. Puis il y a eu son premier passage inoubliable en France à Lyon en Avril 2010. Ce concert avait commencé par un titre que je connaissais pas du tout… Et maintenant que je m’en rappelle, ce titre qui m’était inconnu à l’époque en fait c’était…
… « Fire and Brimstone », la track d’ouverture de Book of David. Une voix féminine engagen la très courte intro par cette phrase « You’re goin’ to like this… » ça j’en doute pas une seconde ! Le beat métallique marque l’entrée de DJ Quik dans le son Westcoast du troisième millénaire, il était temps ! Et d’entrée Quik ne mâche pas ses mots en balançant des « fuck you » à tout-va. Il continue de régler ses comptes en en mettant plein la gueule de sa soeur sur « Ghetto Rendezvous », sans pitié, du pur gangsta-rap. Les egotrips (« Poppin’ » et « Flow For Sale » avec Kurupt) ne manquent pas et les piques cinglantes pleuvent comme des balles, second par son comparse BlaKKazz KK. Sur « Killer Dope », il sort en pleine face « I bet Eazy-E’ve turned over in his grave / to see that some of y’all make this gangsta-rap gay ». Quand on est un vétéran OG légendaire, on peut se permettre de dire ça. Il demeure fidèlement « So Compton », comme la chanson l’indique.
Il n’a pas perdu son franc-parler, ni son génie musical d’ailleurs. Guitares funky, de bonnes lignes de basse (instrument qu’il a appris à jouer durant son année d’incarcération) et surtout des sonorités synthés analogiques qui n’ont jamais paru aussi fraîches, comme si on assistait à une nouvelle aube sur la côte Pacifique. Le groove inimitable de Quik est intact, mieux, il a muri avec l’expérience : « Do Today » et le galactique « Babylon » (avec un très bon couplet de Bizzy Bone) sonnent plus qu’un rap westcoast renouvelé, il se place dans l’avant-garde, sans être déconcentré par les tendances qui l’entourent pour ne se fier qu’à son instinct créatif. A ce propos, ces deux titres tournent en boucle sur mon iPod. Les summer-tracks sont légion sur cet album : « Nobody » feat Suga Free, le single « Love of my Life » sur lequel il confesse son amour pour l’argent, « Boogie ‘Til You Conk Out » avec Ice Cube, « Flow for Sale »… C’est l’été avant l’heure !
Moins expérimental que BlaQKout au profit d’un excellent confort d’écoute, The Book of David se situe plus entre Rhythm-al-ism et Balance & Options musicalement parlant. Les crossovers r&b (« Real Women » et l’intimiste « Time Stands Still » avec Dwele) sont très agréablement réussis, avec Jon B préposé aux refrains chantés (« Do Today », « Hydromatic »…). DJ Quik s’essaie également à la musique de stade sur « Accross the Map » qui convie Bun B. C’est alors que « The End » approche… Un au-revoir funkadelique qui se termine sur une outro laid-back ce qui n’empêche pas le DJ californien de lâcher une pique : « Pharrell ask me why I gangbang/ mind your fucking business / stay up out my lane man… » Ce n’est pas tout à fait fini puisque le 9e « Quik’s groove » est caché en bonus track, et après, repeat.
The Book of David, meilleur album Westcoast des ces dernières années, de l’année et de ces prochaines années. Plions nous devant l’immense talent de DJ Quick. Dr Dre peut déjà s’en aller ré-enregistrer Detox.

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