Blu & Mainframe « Johnson & Jonson » @@@@1/2


Blu, Blu, Blu… le pseudo d’un MC californien qui revient fréquemment dans les colonnes de la presse hip-hop underground aux Etats-Unis depuis le succès critique de Below The Heavens avec Exile (du groupe Emanon). Sa présence est d’autant plus remarquée que ce rookie est très prolifique, rien qu’en 2008 il a sorti deux projets de collaboration, C.R.A.C. et Johnson & Jonson avec Mainframe. Une notoriété croissante qui lui a valu d’être dans la top-list des MCs préférés de HipHopDX avec une critique dithyrambique pour son dernier projet et de partager quelques semaines après la couverture du numéro du mois de Novembre du célèbre magasine XXL pour leur éditorial spécial sur les espoirs de l’année 2009.

Et on parle de lui en France quasi nulle part, en dehors de quelques sites spécialisés (comme Streetblogger au sujet de la couv’ XXL justement) ou de forums de connaisseurs. C’est bien plus tard lorsque j’ai lu l’article sur les HipHopDX Awards 2008 que j’ai pu écouter Johnson&Jonson et ça m’a donné l’occasion (relativement tardive) de me pencher sur ce petit bijou de Hip Hop et plus particulièrement sur ce nouveau spécimen qu’est Blu. Revue d’un album qui mérite effectivement sa place dans les meilleurs sorties de l’an dernier. 

Premier contact avec Blu et son producteur d’un disque Mainframe dans leurs personnages de Johnson & Jonson avec l’introductif « J&J ». Et quel premier contact ! Le meilleur reste à venir se dit-on. A noter que la dénomination ne concerne pas que le emcee, Blu n’a pas de scrupule à considérer cet LP comme solo mais bien une collaboration, au même titre que Buckshot & 9th Wonder. Cela devient tellement peu courant de nos jours d’assister à des sorties avec cette configuration stricte MC et producteur il faut dire. L’album à peine entamé et on est déjà subjugué par les multiples qualités de Blu en tant que rappeur lyriciste et le travail de Mainframe pour les instrumentaux à base de samples de soul ou de jazz. La formule paraît ancienne sur le papier mais n’a jamais paru aussi actuelle, en plus du fait que Blu est un bonhomme avec un style à part sur la côte ouest, même par rapport aux acteurs de la Left Coast comme les Dilated People ou Strong Arm Steady. C’est encore autre chose, mais de plus traditionnel dans sa forme et à la fois originale. Une drôle de contradiction qui caractérise la modernité du hip-hop de Blu.

Trêve de bavardage pour en revenir au disque en passant sur « Up All Night », dont l’ambiance nocturne est produite par une ligne de basse soutenant une tension latente. Certains instrus aux samples bruts et thèmes délurés rappellent la fantaisie d’un MF Doom (qui nous manque en cette période ‘électroniquante’) notamment « Half a Knot » et « Gusto’s Room ». Cette influence n’est pas trop prononcée et est peut-être le résultat d’un concours de circonstances mais elle provoque de la dérision, ce qui prête à sourire, surtout quand Blu se met à chantonner sur l’air sur les refrains, comme sur « Mama Told Me ». Sinon, ses lyrics sont truffés de rimes très terre-à-terre quand il ne trippe pas sur des métaphores. Là où Mainframe se démarque musicalement, c’est son dévolu pour les vieux vinyles de disco-funk. C’est très voyant sur « Wow », avec ce boogie seventies gardé intact, le flow de Blu maintient sa présence de manière manifeste et s’entend bigrement bien sur cet instru groovy. Mainframe ne retravaille quasi pas les samples et ne rajoute si possible pas des beats pour conserver la teneur originelle de ces prélèvements de soul music, Blu est hyper à l’aise sur ces boucles comme Ghostface Killah rappant sur des slow-jams d’antan. Les meilleurs exemples : « Only One Way », « In The Building », le single « Bout It Bout It » et « Anything is Possible ». On appréciera également l’exotisme suggéré de « Long Time Gone », qui confère une variété à l’ensemble. Car on reproche souvent à des albums produits par une seule personne d’être trop uniformes ou linéaires, or ici ce n’est pas tout à fait le cas, justement parce que Mainframe utilise puise dans de la matière soul très variée. Tout se délecte sur Johson&Jonson, jusqu’à la bonus track cachée après le très joli « The Oath », le meilleur pour la fin comme on dit.

En 2009 et les années à venir,votre couleur préférée pourrait bien être le Blu. Des fois, vous vous direz lorsque vous aurez besoin d’un très bon disque de hip-hop que vous vous mettez un coup de Blu haha ! 

 

(chronique écrite le 20 Janvier 2009)

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. JustLike_HipHop dit :

    quelqu’un sait de quel morceau est samplé « the only way »?
    ce morceau est tout simplement énorme!

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  2. Flow dit :

    Bonne surprise venant de ce MC qui m’a bien fait kiffer sur The Layover EP tout d’abord, mais j’vois qu’il avait déjà confirmé plus tôt, d’ailleurs j’vais surement m’écouter « Below The Heavens » avec Exile à la prod, artiste à suivre de très près.

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