Three 6 Mafia « Last 2 Walk » @@@@


Ils étaient 6 à faire partie de l’aventure Three 6 Mafia durant les années 90, ils ne sont plus que 2 pour représenter, les satanés DJ Paul & Juicy J, les Last 2 Walk. Hé oui, Crunchy Black a quitté le groupe en 2006, l’année de la consécration tant méritée, avec un Oscar pour leur chanson « It’s Hard Out There For a Pimp », extrait de la bande originale du film Hustle & Flow, et un disque de platine pour The Most Known Unknown. Un dénouement logique vu que Paul et Juicy étaient les deux seuls à s’afficher en featurings aux côtés de diverses personnalités du rap et r&b, dont l’apparition la plus marquante fut leur collaboration avec Justin Timberlake, un grand fan de la faction satanique, sur « Chop Me Up » feat Timbaland. Maintenant reconnus partout dans la planète hip-hop et en dehors (leurs passages chez les Jackass) avec un style sudiste horror-core (inspiré du Death Metal) qui fait école, nos deux Three 6 vont devoir relever un défi de taille : porter le poids de leur succès sur leurs épaules.

Allons-y sans détour, Last 2 Walk enchaîne tuerie sur tuerie sans interruption : « I Told’Em », « I Got » feat Pimp C (RIP), le terrible « Playstation », « Get Ya Rob », « Corner Man », le lancinant « Weed Blow Pills » (gare aux effets secondaires), « Rollin’ » feat Lil Wyte et la bombe « First 48 » avec Al Kapone, Spanish Fly et 8Ball & MJG, track qui s’achève par la marche funèbre façon Memphis. DJ Paul ne révolutionne pas le genre, on a droit inlassablement à du crunk horrifique qui fait leur marque de fabrique (beats up-tempos mortifères et samples de musique classique), avec les couplets de Juicy J toujours signalés par des variations d’instru. Le pire, c’est qu’on en redemande tellement c’est efficace, on rentre sans trop de difficultés dans leur délire ghetto version Contes de la Crypte. Et ce n’est pas tout, car les Three 6 Mafia nous exposent à une poignée de tubes implacables. L’appel à la fellation « I’d Rather » feat UNK et « Lolli Pop That Body » (qui n’échappe pas à la mode du refrain autotuné) ont le potentiel pour foutre le souk dans les clubs du Dirty South, tandis que « That’s Right » avec Akon et « Hood Star » avec la chanteur Lyfe Jennings paraissent bien soft par rapport à l’ensemble, sans nécessairement être passables.

Ce 7e album (en décomptant les BO de leurs films Choices I & II) emploient les dernières apparitions de Pimp C en utilisant deux couplets posthumes enregistrés avant sa mort, dont on retiendra symboliquement « On Sum Chrome » pour être la toute dernière intervention extérieure officielle des UGK. Pour compenser incomplètement l’absence de Crunchy Black, Project Pat, rappeur signé sur leur label Hypnotize Minds, joue admirablement le rôle de 3e homme par intermittence en cumulant six figurations. Sa présence n’a rien foncièrement d’obsolète comme sur « Trap Boom » notamment et « Get Ya Rob ». Quant à la participation étonnante des Good Charlotte, « My Own Way » ne déconcertera aucunement les fidèles adeptes des Three 6, je dirais même que la venue des frères punk rockeurs Benji et Joel Madden apportent quelque chose d’intéressant au morceau.

En dépit d’un effectif réduit à l’état de binôme, les Three 6 Mafia n’ont absolument pas changé leur ligne de conduite, comme si les anciens membres du groupe n’étaient pas si indispensables. Last 2 Walk prouve aisément que DJ Paul et Juicy J sont capables d’assurer le parrainage  du groupe aussi longtemps qu’ils le pourront.

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