Chingy « Hate It or Love It » @@


Enfin réconcilié avec Ludacris et les Disturbing Tha Peace après les déconvenues de Powerballin’ (à peine disque d’or aux US) et Hoodstar (presque disque d’aluminium) chez Capitol, Chingy efface l’ardoise qui l’accablait et repart sur de nouvelles bases avec la team qui l’a vu percer à la foreuse taille maouss XXL avec son smash-hit « Right Thurr » en 2003. Son objectif avec Hate It or Love It tient de l’euphémisme : faire mieux que Jackpot. C’est loin d’être un jeu du quitte ou double, car de toute façon, il ne retrouvera pas sa veine de ‘one-hit-wonder’ qui lui fera caracoler au sommet des charts (pas même des téléchargements de sonnerie) comme ce fut le cas de son premier disque multi-platine, mais en terme de qualité, c’est jouable. Du moins, je l’espère pour lui, car l’enjeu implicite pour le rappeur de St Louis est de se défaire de son image de mauvais rappeur/gentil garçon. 

 

Avec un titre manichéen très américain moyen d’un point de vue philosophique, je ne vais pas choisir entre les extrêmes ‘hate’ (détester) ou ‘love’ (aimer), car Chingy est un rappeur plus ou moins supportable selon les goûts de chacun. Puis, comme le dit le sage Common, « not loving don’t mean I hate », donc je rajoute une troisième alternative pour placer ce que je considère comme passable. 

J’apprécie :

_ « Hate It or Love It » : aimer ou ne pas aimer, la question ne se pose pas pour moi pour ce morceau d’ouverture. Chingy paraît transfiguré, on en serait presque abasourdi. Mais ça sera tout, pas une miette de plus. Une fois n’est pas coutume, il ne reproduira pas son effort sur tout le reste.

_ « Fly Like Me » : un son crossover r&b agréable, avec la touche de charme apportée par Amerie. Roulez jeunesse en cabriolet ‘pour pécho de la meuf’ si possible sosie d’une mannequin. Bon choix de single.

_ « Gimmie Dat » : des claps, beat volumineux, un refrain du chanteur r&b Bobby Valentino, un feat de Ludacris au flow clownesque, des chœurs en fond : pas de doute, j’ai encore affaire à un crossover attractif.

_ « How We Feel » : Un beau morceau rien que pour la voix d’Anthony Hamilton. Chingy aurait pu être touchant s’il était un bon lyriciste. Mais quand on écoute du rap américain, ça passe en arrière-plant.

=> Un titre éponyme faussement prometteur et trois titres à tendance r&b qui permettent de faire passer la pilule, sans plus sinon Dafalgan. 

J’aime pas :

_ « Check My Swag »

_ « Kick Drum »

_ « 2 Kool 2 Dance » : à défaut de sortir quelque chose d’original, le résultat ne ressemble à rien.

_ « Lovely Ladies » : dès les cinq premières scondes, je lâche prise.

_ « Blockstar » : Chingy revoit ses ambitions à la baisse en passant du ‘hood’ au ‘block’. 

=> Pas trop envie de commenter. Rien n’a changé, je n’arrive toujours pas à le prendre au sérieux et il m’est encore impossible de m’habituer à sa voix de canard ou de m’empêcher de me dire qu’il est médiocre. J’ai pitié pour lui des fois j’avoue, je suis trop gentil. 

Sans avis :

_ « All Aboard (Ride It) » : Le beat de ce banger crossover (à moitié un pléonasme) est plus que correct. La nouvelle recrue Steph Jones chante le minimum syndical sur le refrain. Ça passe, sans plus.

_ « Spend Some $ » : Idem, avec Trey Songz cette fois.

_ « Roll On ‘Em » : un morceau sudiste tout ce qu’il y a de plus conventionnel, si ce n’est l’apparition imposante de Rick Ross.

=> Encore une fois, Chingy sort la tête de l’eau grâce à des morceaux r&bisés et des featurings de marque qui ne seraient probablement jamais venu poser sur cet album s’il n’y avait pas un gros chèque les attendant à la sortie du studio. 

 

 

Hate It or Love It était l’album de la dernière chance, mais le sort et le public rap en ont décidé autrement. Le retour au sein DTP n’a pas amélioré comme prévu le niveau artistique de Chingy, mais il ne l’a pas baissé non plus (faut dire qu’il a fait pire), preuve en est avec ma critique tripartite. Malheureusement pour lui, les chiffres de ventes catastrophiques aux Etats-Unis (38 000 disques la première semaine en période de Noël, soit moitié moins que Hoodstar, qui a fait moitié moins que Powerballin…), malgré une licence et la promo chez Def Jam, lui ont solennellement annoncé sa mort commerciale. Sauf s’il tient plus tard à prolonger sa carrière en indépendant, chez la maison de retraite Koch Records par exemple, non ? 

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