Exile « Dirty Science » @@@@


Après Aloe Blacc avec son aventure en solitaire chez Stones Throw (‘Shine Through’ chroniqué dans la section Soul/R&B), voici l’autre moitié du groupe Emanon : le producteur Exile. Ce nom ne doit pas vous dire grand chose à l’heure qu’il est mais si on vous dit que c’est lui qui a produit « Milk ‘Em » de Ghostface Killah & Trife Da God, ça vous parle? Dans ce cas, vous pourrez la retrouver en bonus track des fois que cela vous éveillerait un quelconque souvenir. Plus sérieusement, c’est Exile qui a fait le bon (faut l’avouer) instru « Pearly Gates » pour les Mobb Deep et Fifty au refrain, extrait de ‘Blood Money’. Là évidemment, comme par hasard, vous le connaissez tout d’un coup. Pas de temps à perdre pour s’attarder sur ‘Dirty Science’ (Sound In Color/ 2Good), le premier album du producteur, afin de se faire un avis concret sur ses compositions.

Ce qu’il y a de bien avec son style, c’est sa versatilité, transformant certains morceaux en coup d’éclats. Exemple avec « Summertime in L.A. » featuring Miguel Jontel, moderne et vieille école à la fois, dans la façon de chanter qui rappelle les vieux tubes américains sur 45 tours des années 60. Bref, un voyage spatio-temporel dans le Hollywood d’il y a quarante ans dans une vieille Cadillac cabriolet. Toujours en restant sur la côte ouest, mais en remontant chronologiquement, Exile pioche dans de les partitions de P Funk pour remodeler à sa manière (« Move On ‘Em » feat Ta’Raach ). Des fois, il s’agit de faire du son hip hop alternatif typiquement californien et actuel avec M.E.D (« Notch »), ou en invitant Oh No (« Newest Greatest »). Détail sous-jacent si vous lisez entre les lignes : Exile va chercher son inspiration dans n’importe quelles décennies ou genres musicaux. Les événements passés sont les racines du futur, et c’est un fait dans le Hip Hop grâce au sampling.

Avec Aloe Blacc, Exile reforme les Emanon par deux fois, avec une tonalité un brin latino pour l’occasion. D’abord sur « Spittin’ Image » qui donne un bon aperçu lyrical d’un Aloe qui se prête au rap plutôt qu’au chant; ensuite le superbe « Tell You » mêle guitare sèche, refrain douceureux de Blu et un sample de voix court mais précieux. Parmi les tueries, ça monte en puissance en commençant par « Time Has Come » des Slum Village jusqu’au « Smoke & Mirrors » servi par un Kardinal Offishal en bonne et dûe forme. Le long de cet étalage de productions inspirées, Exile pose des scratches piochés dans du Busta Rhymes, M.O.P., etc… En somme, ‘Dirty Science’ pose mieux la marque de fabrique de ce producteur en devenir, prêt à suivre les traces de feu Jay Dee, Madlib ou Hi-Tek de l’époque Rawkus.

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