Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Mobb Deep « Infamy » @@@¼


Le 11/12/2001 paraissait un 4e album des Mobb Deep pas si infâme que ça, non? si ? Parce que v’là qu’après trois classiques d’affilé qui ont déplacé les trottoirs mal famés de Queensbridge partout dans le monde, les Mobb Deep se sont peut-être dit que ça serait cool d’être plus euh… « mainstream » pour commencer le 3e millenium. Mmh. Okayy…

Par où commencer? Par la source du panache de fumée provoqué par le single « Burn », qui a foutu le brasier durant l’été 2001, proposant un son aussi que efficace que propre et sec. Oui « propre », un changement d’approche pour le duo réputé pour ses instrus qui puaient le caniveau. Quand on est fan des Mobb Deep, ‘propre’ c’est mal. Après trois-quatre morceaux, on note qu’avec les prods d’Havoc, tout est millimétré, calculé, net, et aussi plus mmmh, séduisant? Beurk, ‘séduisant’, et puis quoi encore, ‘sexy’? Chiche, on va le voir très vite… Ce qui tranche avec ses raps qui demeurent agressifs, tandis que Prodigy a sa voix de plus en plus sombre. En cela, le banger « Bounce » (expression en vogue de l’époque) est un paradoxe. Même les sons avec les Little, Infamous Mobb ou Big Noyd, la garde rapprochée du groupe quoi, ceux là sont plus formatés, gentrifiés pour un public plus bourgeois. Par petites touches, plus de soin, des choses comme ça. Berk, ça brille un peu. Faut écouter « Crawlin » pour revenir à leur ancien son.

Track ultime qui a clivé notre rapport aux Mobb Deep, « Hey Luv » feat le bad boys band 112 (invités après qu’ils aient ré-utilisé la ligne de basse de « Quiet Storm » sur leur single « It’s Over Now »). Ah oui, sexy hein, c’est dégueu vraiment ce romantisme. Plutôt que de refaire appel préférentiellement à l’apprenti Alchemist (juste là pour « Get At Me »), les Mobb Deep ont préféré payer trois prods chères de Scott Storch qui était dans le premier cercle de Dr Dre (« Live Foul », « I Won’t Fall », « There I Go Again » avec monsieur Ron Isley). Un titre qui sort du lot est « Handcuffs », une échappée en solitaire de Havoc qui accélère son flow et rappelle quel point on a trop souvent préféré Prodigy sans trop savoir pourquoi, parfois plus pour sa personnalité et sa réputation.

Fallait bien qu’à un moment donné notre fameux binôme dévie de leur trajectoire de la rue pour l’autoroute menant vers succès plus facile. Enfin, pas tant un succès car même pas platine au final, en trainant des critiques négatives comme des casseroles. Pas infâme mais pas fameux non plus, à moitié hérétique et moitié moins ‘Q.U-hectic’.

LA NOTE : ENTRE 11 ET 14/20, ça dépend des jours

Postez vos avis!

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.