Je me rappelle encore très bien de l’annonce de ce quatrième album solo de Missy Elliott. J’étais assis dans le tram T1 direction la Doua, c’était un vendredi matin d’octobre 2002, et je vois des affiches collées sur des poteaux pour la promo de ce skeud. Ma réaction : « mince ce qu’elle a minci!!! ». Puis bordel, un nouveau disque de Missy et Timbaland là ! C’était toujours une joie de les retrouver, beaucoup d’impatience de découvrir ce qu’ils nous ont préparé tellement ils sont créatifs et novateurs. Dans le top 10 des duos dynamiques des années 90/2000.
C’est parti mon kiki comme on dit et on percute direct sur cette revisite de « Bring The Pain » de (et avec!!) Method Man himself, avec cette ambiance typique du Wu-Tang svp! Bel hommage. « Play That Beat » aussi possède une vibe un peu Wu. Le single principal est bien connu, « Work it » (où elle rappe à l’envers sur le refrain), son clip coloré est fou (comme d’hab). Entrée fracassante de 50 Cent sur le remix, précédé par son buzz énorme à l’époque (paradoxalement moins connu que la version originale). Vraiment très fan de Missy en mode b-girl à 110%! On dira pas non pour pour un featuring dingo de Ludacris sur « Gossip Folks », où Missy rappe avec mal de gorge bien carabiné (et ça fait tout le sel du truc).
Parmi les ingrédients ce pur kif auditif : des scratches, un gros travail sur les voix dans les backs (incluant les divines chanteuses Tweet et Nicole Wray), ad-libs, beaucoup de références old school (dont un clin d’oeil à Zhane), en pagaille comme sur « Back in the Day » avec Jay-Z (qui était le rappeur n°1 back in the days). C’est le premier album où Timbo n’est pas présent à la production de tous les morceaux, Missy produit notamment le langoureux « Pussycat » (c’est Missy qui fait la voix masculine aussi) et « Nothing out there for me » avec son amie Beyoncé (‘des Destiny’s Child’).
Missy alterne toujours entre chant et rap avec talent et une facilité incroyable, sur des instrus parfois plus minimalistes axés sur le beat (« Hot », « Go to the Floor » avec ses bongos). Autres tueries : « Slide » et « Funky Freshed » avec sa protégée Ms Jade sur le passage en beat inversé. Timbaland était encore vraiment dans le coup, malgré le coup porté par la disparition d’Aaliyah, même s’il lui arriver d’emprunter des synthés neptuniens (comme sur « Go to the Floor », « Ain’t That Funny »). Pour finir sur une touche émouvante de ce double platine Under Construction, Missy Elliott s’est associée aux TLC sur « Can You Hear Me » pour rendre hommage à Aaliyah et Lisa ‘Left-Eye’ Lopez. Et plus de vingt ans après, ça fait tjs quelque chose au 🤎.
Il existera une seconde partie à Under Construction, mais avec Timbaland & Magoo.
LA NOTE : 18/20


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