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Dr Dre « presents The Aftermath » @@@


22 Mars 1996, BREAKING NEWS : Alors que le tube « California Love » tourne partout sur la planète, Dr Dre se casse de chez Death Row, cinq ans après avoir co-fondé et fait les belles heures de ce label avec Suge Knight, 2Pac, Snoop Doggy Dogg, Dogg Pound,… The Chronic II est abandonné en cours de route, pour fonder Aftermath et sort aussitôt une compile en novembre de cette année-là, deux semaines après Tha Doggfather de Snoop Doggy Dogg…

Le 1er single a été « Been There, Done That », qui a donné plus de stature à un Dr Dre maintenant son propre chef, mais cet extrait typé gangsta-rap n’est pas représentatif du tout du contenu du CD.Même remarque pour la bombe comme Hiroshima « Eastcoast/Westcoast Killas » du super-groupe Group Therapy (formé de RBX/Nas/Scarface/B-Real/KRS-One), qui n’aura été qu’une promesse tombée dans les oubliettes… Y a-t-il eu plus éphémère que ça? Pour la parenthèse, si ce super-groupe n’aura existé que le temps de cet énorme morceau, The Firm (avec Nas, Foxy Brown, AZ et Nature) aura eu droit en Octobre 97 à un projet unique (longtemps décrié également en plus d’avoir été un flop). Mais ce sera le début d’une longue série et de frustration de la part du label comme l’avenir le démontrera.

Ma réaction en écoutant l’ensemble de l’album : « mouais ». D’un air bien agacé en constatant un Dr Dre un peu perdu, en s’essayant au r&b avec son équipe (Bud’da, The Glove et le jeune Mel-Man qui va être important pour Chronic 2001), avec quelques bonnes tracks néanmoins comme « Sexy Dance » et « Get Me Open ». On peut débuter ici la liste des artistes ou groupes révélés puis aussitôt oubliés, et qui ne finiront même pas sur un avis de recherche au dos d’une brick de lait : Group Therapy donc, Jheryl Lockhart, RC, Nowl, Hands On, Sharief, Who’z Who… Hélas, pour eux, ils ne dépasseront jamais le stade d’inconnu. Le management cruel que Aftermath et Interscope (Dre est très pote avec Jimmy Iovine) feront perdurer de longues années à plein de recrues.

Pourtant le docteur avait un gros coup à jouer après avoir signé RBX, le gars avec la voix horrifique reconnaissable entre 1000, et l’expérimenté King Tee. Reste que leurs titres « Blunt Time » (avec la légende Roger Troutman) et « Str8 Gone » sont bons, sans plus. Mmmh j’essaie de voir si un autre track sort du lot, mais à part « Please » ou bien « Do 4 Love » (de qui déjà? pas 2Pac by the way), je ne vois pas trop… Dur de repartir de 0 sans une vedette comme Snoop hein. On sent qu’artistiquement ça navigue à vue. Zéro révolution, seulement une certif’ platine pour sauver l’honneur.

Les débuts sont ratés, ça ne fait pas un pli. Bref, après l’apocalypse qui n’a pas pris la tournure escomptée, c’est la traversée du désert pour Dr Dre. Pas comme dans le clip de « California Love » façon Mad Max. En 97, Dre participe à l’album Soul Assassins de DJ Muggs en participant au duo de l’enfer « Puppet Masters » avec B-Real (excellent titre qu’il co-produit également). 98, alors que son label bat de l’aile, il pose aux côtés de Ras Kass et Mack 10 sur « Ghetto Fabulous » (qu’il ne produit pas). Puis il y a eu ce duo plus surprenant, celui avec LL Cool J, « Zoom » (tiré de la BO de Bulworth). Dre se permet de reprendre dessus le refrain de « I Got My Mind Made Up » de 2Pac…

Ce qu’on oublie parfois en repensant à Aftermath Records, c’est aussi que le rappeuse Eve a y fait un passage (à vide) en 98 avant de finir dans l’écurie des Ruff Ryders sous la houlette de DMX l’année suivante. Ah et j’ai failli oublier la chanteuse Dawn Robinson qui venait de quitter En Vogue. Elle avait signé en 97, mais là aussi, rien n’est sorti de studio. Elle finira plus tard dans le trio Lucy Pearl en 2000, qu’elle finira par quitter quelques mois après. Puis, il y a eu le pari totalement fou d’Eminem, « and the rest is history »

LA NOTE : 12/20

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