Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Nas « Nastradamus » @@@


Pour les gens de ma génération, vous vous rappelez de la fin du monde annoncée par le ‘prédi-créateur’ Paco Rabanne avec l’an 2000? Et qu’il n’y a rien eu? Pas même un bug? Quelle farce. C’est le bon moment pour revenir par ailleurs sur Nastradamus, l’album maudit de Nas…

Impossible de parler de Nastradamus, quatrième album de Nas, sans évoquer son prédécesseur I am… sorti sept mois plus tôt (en Avril 99) tant ces deux LPs ont leur destin lié, et tous deux liés à un 3e opus, la compilation The Lost Tapes, qui sortira qu’en 2002. La légende urbaine raconte qu’I am… et Nastradamus ne devaient faire qu’un seul et double-album intitulé I Am… The Autobiography. Mais le bootlegging est passé par là 2 mois avant et Nas et son label Columbia ont du revoir leurs plans : il y aura 2 albums, sur la même année 99 ! I Am… sauvegardera parmi son tracklisting le single controversé « Hate Me Now » (à cause de son clip montrant un Jésus noir crucifié) avec Puff Daddy, et surtout les bombes « Nas Is Like » et « NY State of Mind II » produites par DJ Premier. D’autres titres ont pu être sauvés pour Nastradamus, dont « Project Window » (avec Ron Isley) et « Last Words ». D’autres, disparaitront pour réapparaitre des années plus tard sur Lost Tapes, dont les fameux « Blaze a 50 », « Fetus » et « Poppa Was A Playa » (qui utilise le même sample que les « Bad Boys de Marseille » d’Akhenaton et la FF). Donc voilà : à l’aube de l’an 2000 et de son bug planétaire qu’on a jamais vu, Nas se déguise en prophète (référence au charlatan Nostradramus qui prédisait la fin du monde pour l’an 2000 parce que voilà).

Nas en prédicateur apocalyptique… sachant qu’il n’a pas su empêcher la catastrophe à venir du flop. I Am a bien été assez bien reçu sur le plan commercial, moins en terme de critiques. Nastradamus, ce fut pire, sur les deux plans : notes moyennes et seulement platine. Sa fameuse période dite « bling bling » tant décriée… Ce n’est pas faute d’avoir tenté d’appâter l’auditeur radio ou le téléspectateur lambda de BET ou MTV avec les singles « Nastradamus » ou « U Owe Me » avec Ginuwine, sur son instru typique de Timbaland un peu contre-nature faut l’avouer, placé à côté d’un « Shoot’Em Up » signé Havoc. L’ami L.E.S. (« Life’s a Bitch » c’est lui) sauve les meubles tandis que Dame Grease joue les bouches-trous avec un Nas pas franchement inspiré.

Plus de vingt années ont passé et ça paraît toujours faible de leur part, rien à faire. L’amitié glaciale avec les Mobb Deep n’y fera rien non plus (le titre de « Family » parait presque hypocrite). En gros : ça valait plus la peine de passer des heures à télécharger l’album en pédalant à 5ko/s en 56K sur Napster. Aujourd’hui, on préfère réécrire l’histoire en se demandant ce qu’aurait donné le projet s’il n’avait pas fini en bootleg 2 mois avant l’accouchement… On se consolera avec « Come Get Me » produit par Premier, « Project Window », et, allez soyons cool, « New World » qui sample facilement « Africa » de Toto. Pour le double-album, pour faire comme Pac, Biggie et Jay-Z, ça viendra fin 2004 avec Street’s Disciple.

LA NOTE : 12,5/20

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