Deux albums sortis sur le label de Dr Dre, dont l’excellent Ventura, puis le duo majeur Silk Sonic avec Bruno Mars avec le retentissant succès de leurs singles en 2021… C’était à se demander jusqu’où pouvait encore aller Anderson .Paak, si ce n’est au-delà des étoiles. Mais ce n’est pas parce que le rappeur-chanteur-batteur a les dents longues, littéralement, qu’il allait se perdre en cours de route. Il est même revenu à ses premiers amours, en compagnie de son pote Knxwledge, pour offrir une suite à Yes, Lawd! presque neuf ans après.
Le premier opus de NxWorries, nom de ce tandem, a été l’un des faits marquants de cette incroyable année 2015 (et pas qu’à cause de la naissance de ma première fille), parmi toutes le farandole de grosses sorties qu’il y a eu. Le label Stones Throw est suffisamment prestigieux pour avoir sa place à la table de labels pouvant proposer des super-productions. Et c’est heureux de voir qu’Anderson .Paak n’a pas délaissé cet épisode de sa vie en indépendant. Enfin, heureux, pas vraiment, sur Why Lawd? (toujours chez Stones Throw), il est plutôt question de désamours. Comme on peut déjà le remarquer par rapport au premier essai, le ‘oui’ très enthousiaste est devenu une triste question, l’exclamation une interrogation.
Car dans cette seconde instance des NxWorries, Anderson .Paak y raconte des fragments de séparations, des moments difficiles, les instants conflictuels, les torts à partager, les conséquences de ça, ce qui explique l’ambiance sonore plus amère dira-t-on (« KeepHer » avec Thundercat en est une belle illustration). Ce qui frappe avant tout, c’est le glow-up de Knxwledge à la production. Les samples sont mieux filtrés, les instruments plus mélodieux, son style plus développé, on a dépassé le stade artisanal de ses beats des années 2010 tellement c’est plus travaillé et c’est tant mieux. Là où le gap en termes de qualité semble le plus impressionnant, c’est surtout sur les chansons avec des gros featuring. Le cas de « FromHere » est flagrant. Dans une veine slow jam vintage, avec un October London dont la voix est à tomber parterre, et y entendre Andy avec cette interprétation soul dramatique, ça tient du grand art. Et ce bon vieux Snoop Dogg parachève le storytelling… Dans un style plus contemporain, on peut citer « DistantSpace » avec The Last Artful Dodgr, et évidemment le très bon single « Where I Go » avec la chanteuse H.E.R. (qui devient une nouvelle référence en matière de r&b).
Les ambiances 80s qui font fureur en ce moment ne font pas exception sur Why Lawd, avec ce « Daydreaming » à la sensuelle guitare électrique, ou bien ce tempo ralenti bien chill de « OutTheWay » (avec Rae Khalil). Et dans ce lot de truffes au chocolat noir poudrés de cacao amer, entre douceur et textes crus, il y a du crémeux comme « MoveOn », « SheUsed »,… avec ces interprétations spontanées, cette voix d’Anderson .Paak au groove toujours très inspiré et la joliesse incroyable des samples soulful. La voix de Charlie Wilson (ouh oui) fait merveilles sur « NVR.RMX ». Quant à Earl Sweatshirt, il se plaît bien sur « WalkOnBy ». Attention toutefois à ne pas en ressortir désabusé après cette écoute. Un dernier conseil : ne pas se fier à sa première impression, ne faites pas la même erreur que moi. Double pouces levés pour NxWorries.
LA NOTE : 16,5/20


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