Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Ghostface Killah featuring Raekwon « Bulletproof Wallets » @@@½


A-t-on été trop sévère avec Bulletproof Wallets de Ghostface à sa sortie? Probablement… Sorti le 13 Novembre 2001, il s’agit du troisième opus de Ghostface Killah du Wu-Tang. C’est son second album avec Raekwon en featuring après le classique Ironman, le 3e avec qui il collabore si on compte le featuring de GFK sur l’ultra-classique Only Built For Cuban Linx.

Mais tout de suite on constate que si Ghostface et Raekwon partagent la couverture (et les recettes de cuisine), Rae est deux fois moins présent sur cet album comparé à Ironman (seulement 4 occurrences). Pas un bon signe avant de démarrer l’écoute, même si « Maxine » et « Flowers » (avec Method Man) rassurent. Le single principal « Never Be the Same Again » convie le chanteur Carl Thomas et dévoile un peu plus le penchant de Tony Starks pour le R&B, ce qu’il re-confirme plus tard vers la fin du disque avec « Love Session » avec le duo masculin Ruff Endz. On est forcément un peu déçu par l’autre single « Ghost Showers » qui ressemble fortement à une suite de « Cherchez la Ghost ».

Le très bon titre « Theodore » est important dans la mesure où ça a été la graine de son crew le Theodore Unit, en mettant en avant les rappeurs Twiz et surtout Trife Da God qui deviendra son protégé. Bulletproof Wallets a été aussi plombé par des problèmes de sample clearance. Deux titres ont été retirés (dont « The Sun » avec Slick Rick) et le beat de « Flowers » a été modifié… Conséquence de ça, on a peut-être loupé une trilogie de classiques à cause de ça. Chose assez insolite, le sample de « The Forest » est celui du thème du Monde Magique de Disney, et à la prod, un jeune talent remarqué auprès des Mobb Deep, un certain Al, Al Chemist… hé ouais, il était déjà là ce bon Alan Maman ! Tout le monde aura reconnu du Bobby Womack sur « Walking Through The Darkness », bien enrobé par RZA, qui produit (que) 5 titres ici. Mais peu importe qui signe les instrus, Ghostface les survole toutes avec son flow flamboyant et son storytelling.

Après il reste encore 5 pistes, mais le temps passe drôlement vite même si ça se termine bien avec « Street Chemistry ». On reste forcément sur notre faim car Ghostface fait du Ghostface maintenant, sans chercher à faire mieux. Note : c’est son dernier album chez Sony, avant de rejoindre Def Jam en 2004 sous la houlette de Jay-Z. Et finalement, alors qu’il a été vu comme une déconvenue à sa sortie, et à raison, c’est très loin d’être mauvais, même avec ses défauts de conception.

LA NOTE : 14,5/20

Postez vos avis!

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.