Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

ScHoolboy Q « Blue Lips » @@@@½


Cinq années, c’est le temps qu’il a fallu à ScHoolboy Q pour se faire oublier et revenir comme s’il était parti. CrasH Talk, paru en 2019, était relativement peu inspiré et indiscutablement moyen, un crasH qui est devenu trasH talk. Quincy a donc pris son temps et du recul, en jouant beaucoup au golf (parait qu’il est très doué). Et prendre de l’élan pour mieux rebondir avec ce sixième album Blue Lips, qui a terminé dans le top10 des sorties rap 2024 fingers in the nose.

Attendu au tournant, c’est sans pression et avec assurance que Q a lancé son album par le biais de mini-extraits vidéos, un marketing un peu conceptuel qui a réussi à rameuter son public. Pas par banale curiosité qu’une campagne promotionnelle classique peu susciter, mais par l’esthétique des clips et la très bonne qualité des extraits musicaux présentés. D’abord avec le superbe « Blue Slides » avec un sample jazz Hyper apaisant, le flow presque parlé, sous-entendu : c’est l’album de la maturité. Quoique, le single bien énervé « Yeern 101 » (co-produit par Cardo) nous ramène à notre ScHoolboy Q qui adore enflammer les foules avec son énergie communicative. Blue Lips c’est tout lui en réalité, c’est toutes ses facettes : celle tranquille d’un futur quarantenaire avec une vie épanouie et l’autre, sa personnalité d’excité ancien drogué qui lui colle à la peau.

Et ça se traduit musicalement par des instrus tantôt caviar jazzy (« Blue Slides »), tantôt survitaminés pour en venir aux mains (« Pop » qui donne envie de tout cramer, « Back N Love » qui donne envie de cramer du pneu, « Pig Feet » qui donne envie de cramer une voiture de flic), et des fois, les deux en même temps comme l’extrait « Love Birds » (avec Devin Malik et Lance Skiiwalker), « THank God For Me », « Nunu » et encore mieux, « oHio » avec Freddie Gibbs. Groovy Q cHange sa casquette de sens comme il en a envie, et l’ensemble de l’album reste cohérent, puisqu’il conserve un sorte de noyau dur sur l’ensemble des prods : J.LBS, Tae Beast, Kal Banx, Devin Malik, Wool (et plein d’autres prodos additionnels). Au point que la touche d’AlcHemist s’identifie en trois secondes sur « Lost Times ». On découvre aussi une facette nostalgique du rappeur quand il évoque brièvement son enfance en Allemagne (« Germany ’86 »). Complexe et très bien ficelé.

S’il y a bien aussi un titre qui cristallise l’état d’esprit bien TDE à la sauce Blue Lips, ce serait « Foux » avec l’ami Ab Soul dont la personnalité imprègne totalement la track. Ils sont fous dessus. Le refrain de ce beat torturé qui scande « mary juana, Hydro, pussy, Hoes, ass, titties », ça ramène tellement quinze ans en arrière. Le côté original de « First », du pur produit TDE aussi. Alors album de la maturité moui certainement, mais ScHoolboy Q assume qui il est sans se cacHer. Avec tous ces beats switcHs à gogo, il est clair qu’il a mis les boucHées doubles pour Blue Lips et nous en tant qu’auditeur, on a l’impression d’avoir deux Heures d’écoute au lieu d’une. On est tout de même passé d’un disque dont je n’ai même pas envie de parler, à probablement son meilleur de sa disco.

LA NOTE : 17,5/20

Postez vos avis!

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.