Les albums de Vince Staples se suivent, ne durent pas longtemps, et ne se ressemblent pas. Le rappeur cherche l’occasion de surprendre son public et les critiques à chaque fois, avec un risque mesuré, en restant policé. Sur ce cinquième projet solo, Vincent revient du côté de chez lui, à Long Beach, avec RAMONA PARK BROKE MY HEART, en étant plus introspectif que son précédent album auto-intitulé.
Déjà, RPBMH (pour la faire courte) est bien plaisant à écouter, grâce à des tracks comme « AYE (FREE THE HOMIES », le déssoiffant et laid-back « LEMONADE » (avec Ty Dolla $ign) ou bien « MAGIC » avec (DJ) Mustard. D’autres noms de la prods nous font tiquer (Kenny Beats, DJ Dahi, Cardo) parmi un lot d’inconnus au bataillon pas moins doués (Mingo, LeKen Taylor, Tommy Parker), ce qui n’empêche pas cet album de former un bloc cohérent et bien conçu pour du rap de la côte ouest contemporain. Il est vrai la carte intello de Vince Staples le démarque des gangsta-rappeurs, comme des membres de la left coast. Ce type demeure une singularité dans le paysage californien, comme Kendrick Lamar ou Tyler the Creator. Avec cette impression que le regard que les gens lui portent est comme celui d’un écrivain, qui sort un nouveau petit roman tous les deux ans approximativement, sans arriver à taquiner son premier best-seller qui l’a rendu célèbre.
RPBMH s’articule autour de morceaux chargés en émotion comme « WHEN SPARKS FLY » (qui sample en slowlo « No Love » de Lyves pour donner un côté crossover r&b) et le single « ROSE STREETS ». Vince Staples est le genre de « MAMA’S BOY » qui regardait de loin comment se comportait les autres sur « PLAYERS’S WAY », juste là en observateur, tels des souvenirs re-défilant devant lui comme dans un camescope retrouvé dans un carton. Le clin d’oeil à « DJ QUIK » est fort apprécié, avec ce petit sample du classique « Dollaz + Sense » qui fait plaisir. Le genre de morceau vers lesquels on a envie de revenir quand on s’ennuie avec « PAPERCUTS » ou « EAST POINT PRAYER » (avec un Lil Baby transparent).
Revenir chez soi peut avoir du bon, musicalement, lyricalement, et du négatif, mais ça c’est le côté pessimiste et cinglant caractéristique de Vince Staples. Romana Park Broke My Heart est peut-être le meilleur album de Vince Staples depuis Big Fish Theory, si on devait les classer par préférence. Quand il est mode album, il fait moins le show, et c’est moins chaud que Summertime ’06, la référence.
LA NOTE : 15/20


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