Vous vous rappelez de leur album Humanz en 2017? Un vrai festival tellement il y avait eu de guests de tout bord ! Au point que les Gorillaz peinaient parfois à se distinguer dans ce beau monde. Pour Song Machine sorti en 2020, le concept de compilation est nettement plus assumé. Le concept est simple : sortir un single par moi avec un ou deux invités différents, puis rassembler le tout dans un album. Le sous-titre du projet : Season One – Strange Timez.
Le nom des invités a, une fois encore, de quoi donner le tourni, entre vedettes britanniques, featurings US tout frais et personnalités renommées catégorie internationales. Rien qu’avec ces noms, on devine d’avance les genres de prédilection que Damon Albarn et son batteur : pop, électro, hip-hop, rock et musique africaine. Presque comme d’habitude en fait… Petit kif d’écouter l’album démarrer avec la voix de Robert Smith (The Cure si vous êtes inculte) avec « Strange Timez ». Si on parle du COVID, de la façon dont le monde a tourné… C’est bien à propos. Bizarrement, l’effet de nouveauté s’estompe rapidement au fil des morceaux. Pourtant, « Pac-Man » co-produit par Prince Paul et avec ScHoolboy Q est pur kif et l’association entre Sir Elton John et 6lack sur « Pink Phantom » est une histoire unique. Que se passe-t-il ?
Damon Albarn incarne toujours ce grand blasé de la vie qu’est 2D, dont l’inspiration en mode pilote automatique donne cette sensation désagréable d’avoir affaire à une auto-caricature. Lui et Remi ont trop génériqué leur musique, même si leur originalité coupée à l’eau réussi ç faire quelques petites merveilles et fuses de bonnes idées. Comme l’impression d’avoir en effet une compilation où il manque la mention ‘produite par les Gorillaz’. Des fois co-produit par Mike Dean ou bien Mike-Will Made It sur « Dead Butterflies » avec Kano et Roxani Arias. Pas mal de participations rap semblent intéressantes, comme les Earth Gang, Skepta, GoldLink et JPEGMafia. Même les morceaux avec St Vincent et Beck ne s’imprègnent guère dans le cerveau après le passage dans la cochlée. Mais difficile d’y voir la plus-value. La constatation est que, c’est toujours mieux quand les Gorillaz sortent des sentiers battus comme sur « Désolé » avec Fatou Diawara, ou à l’inverse restent dans leur cadre très anglais comme sur « Friday 13th » avec Octavian ou le rock typique de « Momentary Bliss » avec l’énervé Slowthai.
Il était question d’une saison 2 prévue pour 2022, un single avec Bad Bunny est même sorti, mais, ouf, elle a été annulée… Le groupe formé par Damon Albarn et Jamie Hewlett fait pâle figure et tourne en rond sur ce projet Strange Timez, bien qu’on puisse y trouver son bonheur dans cette créativité stagnante. Il va falloir se ressaisir et sortir de cette spirale.
LA NOTE : 13,5/20


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