Yelawolf « Trunk Muzik III » @@@@½


Dix ans après Trunk Muzik premier du nom, cette mixtape mythique qui l’a révélé dans le vaste monde du hip-hop et permis d’obtenir un deal en major chez Interscope, Yelawolf boucle la boucle avec le troisième numéro de sa série qui l’a rendu célèbre. Trunk Muzik III sera aussi l’ultime album du rappeur en santiags chez Shady Records, raison de plus pour en faire un sacré numéro. Montez le volume !

Finalement ce n’était pas tant inespéré que ça que Yelawolf revienne à ses racines rap, même après deux albums résolument blues/rock (Love Story suivi de Trial by Fire). C’est plutôt une bonne nouvelle. Comme pour les deux volumes sortis en 2009 et 2013, le loup tatoué a fait appel à son fidèle compagnon WLPWR (orthographié un temps Willpower), avec qui l’alchimie fonctionne à merveille, ainsi que Jim Jonsin qui était présent sur le premier. Après une introduction de feu « TM3« , peut-être va-t-on évoquer d’abord les ‘suites de’, à commencer par le terrible « Catfish Billy 2 » (qui du coup sacralise en parallèle l’original présent sur Trunk Muzik Returns). Toujours avec des notes de piano, « Box Chevy 6 » (déjà la 6e partie oui) convie cet ours de Rittz (ancien pensionnaire de chez Strange Music) sur une ambiance un brin… Memphis. Pas étonnant puisqu’une légende se présente à la prod, une légende plus que locale, le fameux mafieux DJ Paul. Celui-ci nous gratifie de deux autres instrus, dont « Trailer Park Hollywood » et la dark trap énervée de « Rowdy » avec … euh… Machine Gun Kelly (il était pas en beef avec Eminem lui?… Bon, pourquoi pas après tout). Un DJ Paul parfaitement dans le coup, c’est l’ingrédient secret de Trunk Muzik III mais il n’est pas la seule raison pour laquelle c’est un très, très bon volume.

Car après la série de huit freestyles enflammés lancés tels des cocktails molotov, Yelawolf maintient une puissance de frappe soutenue sur cet album sur lequel il dévoile la dernière évolution de sa trunk muzik. Et la sienne se distingue de celle d’un Stalley, en partie grâce à son attitude rock’n roll qui lui colle à la peau (et peut occasionner des douceurs comme le mélancolique « Like I Love You« ). Avec son flow étourdissant et son accent du Sud très prononcé, le ghetto cowboy déploie  un arsenal de tueries très typiques à base de basses ronronnantes caractéristiques de ce style, avec parfois une touche de blues ‘blanc’, comme avec « Rowdy« , « We Slum » (assez crunk dans l’esprit avec son refrain gueulé), « Special Kind of Bad« , « All The Way Up » et l’incroyable « No Such Thing As Free » (feat Caskey & Doobie) avec son sample hindou hypnotique. On ne se lasse pas d’une telle efficacité, on a même droit à des scratches de DJ Klever (c’est un détail qui est important de signaler). C’est impressionnant de constater comment il replonge dans le bain la tête la première comme si Trunk Muzik Returns était sorti le mois dernier. Le Slumerican replonge aussi dans ses travers comme l’alcool (« Over Again« , « Addiction« ) et la drogue avec le superbe « Drugs« .

Alors que Yelawolf s’était concentré sur une trajectoire blues-rock durant deux albums, le voir revenir aux sources a un quelque chose de très très jouissif. Pour le troisième volet de cette série Trunk Muzik, non seulement le cherokee fait son pot de départ en fanfare de chez Shady, mais en plus il parvient à en faire une trilogie intemporelle. Comment clore un deal en beauté.

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