Buddy « Harlan & Alondra » @@@@


Deux EPs en 2017, Ocean & Montana produit par Kaytranada suivi de près par Magnolia, et depuis le 22 Juillet 2018, Harlan & Alondra, le LP tant attendu de Buddy. La jeune signature Westcoast de IamOTHER, label créé par Pharrell Williams, était un des espoirs dont nous attendions la confirmation et il suffit d’une seule écoute de ce premier album en major pour être convaincu de son talent.

Ce n’est pas tellement la peine d’expliquer en introduction qui est Simmie Sims III, 24 ans. Ce californien au surnom très amical s’en charge sur cet opus illustrée par une photo de famille et qui porte le nom des rues qui se croisaient à l’angle près de la maison où il a grandi, Harlan Avenue et W Alondra Boulevard, juste à côté de l’aéroport de Compton. Compton, berceau de Dr Dre, Ice Cube, DJ Quik, The Game, Kendrick Lamar et tout un tas d’autres légendes plus ou moins vivantes. « Real Life Sh*t » nous ramène au point de départ de son histoire, dans les années 90, quand le gamin plein de rêves se heurte à la violence de la réalité du ghetto dans lequel il survit. « Shameless » et « Hey Up There » (avec un Ty Dolla $ign impeccable) décrivent davantage la mentalité qu’il a développé, cette soif de réussite quand il déclare sans détour vouloir être riche, sans être célèbre. Il a aussi cette rime qui nous scotche comme il faut : « Livin’ a double life, you still can die twice ». Pareil sur « Trouble on Central« , le garçon s’évade dans les autres rues plus loin en espérant toucher ses rêves : avoir une caisse, une meuf et s’en sortir pour vivre avec le moins d’emmerdes possibles. Drôle de bonhomme ce Buddy et son ‘non-gangsta’ rap. Plus il grandit, plus il mature et réalise ce qu’il est et le monde qui l’entoure, de plus en plus sombre, ce qui l’amène à énumérer avec nervosité ce que lui inspire le mot « Black » (feat le lord A$AP Ferg). Plutôt rap ‘conscient’ comme on disait par le passé.

Harlan & Alondra est principalement produit par Brody Brown (du crew 1500 or Nothin’) et Mike & Keys (anciennement The Futuristiks). Étant donné le degré d’indépendance de Buddy, Pharrell n’a pas eu la peine de superviser son protégé et vous ne verrez donc aucune autre mention de notre icône. Ensemble, ils réalisent un habillage sonore qui soit caractéristique de Buddy, pour cet album tout du moins, et convenir à son flow et son chant. Les prods sont cohérentes et variées, très plaisantes surtout quand une touche de funk typique s’immisce sur « The Blue » (avec grand-père Snoop Dogg) et le low-tempo « Speechless » qui possède une vibe de titre r&b 80s. Sur ces deux titres estivaux (cela va de soi) apparaît Terrace Martin, non-crédité mais tellement reconnaissable pour son vocoder sur le premier et le saxophone sur le second. Sur « Young« , Buddy re-interprète pour le refrain un couplet de « Liberation » des OutKast (ce qui nous rappelle que leur classique Aquemini a 20 ans le 29 Septembre). L’atmosphère du spirituel « Find Me 2 » produit quelque chose en nous comme un sentiment de sérénité, avec cette note de synthé en fond, douce et continue tel un horizon océanique, et des basses en premier plan qui apaisent.

Harlan & Alondra se termine par le premier extrait de l’album paru en 2016, « Shine » (co-produit par DJ Khalil), ce que Buddy fait actuellement avec ce premier disque. La boucle est bouclée, mais pour notre garçon de Compton ce n’est que le début d’une prometteuse carrière. Confirmation donc.

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