J. Cole « KOD » @@@@


Troisième fois d’affilée que J.Cole nous fait le coup, de tous nous prévenir au dernier moment qu’il sort un nouvel album, sans promo ni single, un album d’une quarantaine de minutes environ, et ça devient une habitude, sans aucun featuring. Et ça marche, encore : il a pété les scores de streaming de Drake. Cet album, son cinquième, s’appelle KOD, ce qui signifie « kill our demons » ou « kids on drugs« . J’étais resté sur la définition de Tech N9ne, « king of darkness« , vu la pochette où il est dessiné tel un roi, mais ça ne correspond pas au thème de cet album de J.Cole qui parle de l’addiction sous différentes formes et s’adresse à la jeunesse.

Dans la forme, KOD ressemble pas mal à ses précédents albums 2014 Forest Hills Drive et 4 Your Eyez Only (dans sa durée, dans sa conception très spontanée,…). Toutefois avec quelques caractéristiques qui lui sont propres. Comme ce mystérieux invité, un nom jamais vu : Kill Edward. HAHA ! GRILLÉ ! il y a écrit « featuring » ! Eh bah non, tombés dans le panneau, c’est toujours J.Cole, avec une autre voix, pas trafiquée à l’autotune, ni ralentie façon screwed and chopped, mais modulée pour modifier son timbre. Jermaine featuring lui-même, même Kanye ne nous l’a pas faite celle-là. Par contre Nas oui, ce fut en 2004 sur Street’s Disciple (l’alter-ego féminin Scarlett). Autre caractéristique, d’importance : J.Cole a pratiquement produit tout son disque, excepté « Kevin’s Heart » crédité au nom de T-Minus. KOD a été enregistré en 2 semaines, dont une partie en terre africaine, à Zanzibar.

Pour s’imposer d’entrée, J.Cole remet les pendules à l’heure sur le morceau-titre « KOD« . Cette agressivité que l’on voyait sommeiller chez lui sous son visage gentillet ressort enfin, et c’est pas trop tôt. « Niggas been crampin’ my style
Blowin’ my high, they want a reply
The number one question is, « How? »
How does it feel now that you on?
How much you worth? How big is your home?
How come you won’t get a few features?
I think you should? How ’bout I don’t?
How ’bout you just get the fuck off my dick? »

En fait il est pas si sympa quand on le saoule un peu le Jermaine. Il démontre aussi qu’il sait maintenir un équilibre précaire qui consiste à contenter son énorme fanbase sans trop faire dans le fan service. Cette impression que J.Cole est plus sec que d’habitude se confirme dans le style de prods, assez épurées, avec de temps en temps un fond jazzy (« ATM« , « FRIENDS« ,…) et une dose d’énergie (« Motiv8« ).

Le rappeur-producteur de Roc Nation est vraiment très concentré et ne déborde pas du thème, les addictions. Sur « Photograph« , J.Cole évoque l’amour virtuel sur les réseaux sociaux, quand on devient accro à une inconnue sur Twitter ou Instagram rien qu’en regardant ses photos. Le sexe sans amour est un vice quand il est question d’infidélité comme sur « Kevin’s Heart » (en référence à la mésaventure extra-conjugale du comédien humoriste Kevin Hart). J.Cole parle de la tentation très forte de tromper la femme qu’on aime, parce que ça devient très facile de répondre « oui » à une autre personne pour un coup d’un soir. L’argent qui coule à flot est un sujet récurrent chez les riches rappeurs, à ceci près que notre leader de Dreamville Records le voit non pas comme quelque chose d’indispensable à la réussite mais comme cette envie irrépressible d’en gagner plus à chaque fois. La drogue évidemment, sous la forme de substances organiques, est traitée à travers son alter-ego Kill Edward sur « FRIENDS » et « The Cut-off« , relatant à la fois la sensation de bien-être et de mal-être que ça procure. Sur une note plus personnelle, Jermaine évoque l’alcoolisme de sa mère, avec colère, sur « Once an Addict« . Niveau figure de style, il utilise beaucoup de répétitions dans ses lyrics, comme des schémas qui reviennent avec insistance pour souligner les obsessions.

Sur pas mal de tracks, J.Cole se base sur son expérience personnelle ou celle de son entourage et c’est sur ses sentiments très profonds qu’il termine sur « Window Pain« , faisant le bilan du chemin parcouru, ce qu’il enduré dans sa jeunesse et réussit grâce à son talent et sa carrière, réalisant surtout la chance qu’il a connu à chaque étape. KOD n’en finit pas sur cette conclusion, mais sur une introduction (???) à un hypothétique futur album The Fall Off avec le titre « 1985« . Ce n’est pas une bonus track, ni une « scène coupée », mais un tacle subliminal bien hip-hop dans l’esprit envers le coloré Lil Pump (en tout cas c’est ce qu’on suppose à peu près tout le monde). En plus de quoi, le nom du morceau nous rappelle que J.Cole a 33 ans. Quelque part réalise-t-il qu’il est l’aîné de la génération des Kendrick, Drake, Big Sean et tout le toutim, et que les années qui passent vont risquer de lui faire défaut. Reste que c’est cette maturité qui rend ses albums meilleurs à chaque fois.

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