Black Milk « FEVER » @@@@


Black Milk s’était fait très discret après la sortie de If There’s a Hell Below fin 2014, si ce n’est les mini-projets collaboratifs The Rebellions Sessions et Sunday Outtakes avec Nat Turner qui ont reçu d’excellentes critiques. Le producteur-rappeur de Detroit a pris son temps, afin de concevoir de la nouvelle musique, ce qui a eu pour second effet Kiss Cool de nourrir une attente certaine à propos d’un futur album. Comme le futur c’est maintenant, on peut s’offrir un moment d’écoute de FEVER, sixième album solo où l’accent a été mis sur la soul.

La première chose qu’on entend sur « UnVEil » ce sont des touches d’électro très mélodiques, un élément qui fait partie de l’ADN des beats de Black Milk depuis longtemps. De même que ces influences de J Dilla, toujours bien présentes (que ce soit dans les vibes, le choix des samples, les drums…), même sur un titre très ‘deep’ et mystique comme l’extrait « Laugh Now Cry Later« . Depuis toutes ces années, Black Milk reste malgré lui le digne successeur de Dilla, et bien que ce ne fusse jamais son objectif premier il perpétue à sa manière le son rap de Detroit. Mais tout semble différent d’autrefois (ou presque) sur FEVER, avec des sonorités à la fois plus apaisées, plus profondes, même en ce qui concerne le jam intimiste « Will Remain« . Qui plus est, dans le cas présent, avec pas mal d’ajouts d’instruments live, comme des éléments cuivrés comme sur « 2 Would Try » avec Dwele, ou de la guitare électrique sur « True Lies« , le genre de production qui pourrait facilement côtoyer le travail de Q-Tip sur le dernier A Tribe Called Quest. Black Milk peut se targuer de concurrencer Oddisee sur ce mélange d’instrumentations et de travail avec des machines. Pour gagner encore plus en musicalité, des pistes sont réservées pour des titres exclusivement instrumentaux (le cosmique « eVE » et « DiVE » avec un doux sample de flûte).

À mi-chemin entre hip-hop et de l’électro-soul léchée aux racines afro-beats, cette sortie Mass Appeal (au revoir Fat Beats) est un contre-pied de ce tout ce que Black Milk a pu produire entre 2007 et 2014 (en gros FEVER n’est pas du tout un Tronic 2). Un bémol toutefois concernant ces instrumentaux parfois conçus sur un filet d’inspiration : cette impression que Black Milk fait dans le demi-écrémé en levant le pied sur les batteries, heureusement compensée par une concentration plus forte en cacao. Il faudra plusieurs écoutes de FEVER et bien se concentrer avant d’en observer toutes ses qualités, mais quand on y parvient, la magie se distille dans les airs.

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