Apollo Brown & Planet Asia « Anchovies » @@@½


Dès qu’Apollo Brown sort un projet, chez Mello Music Group cela va de soi, les amoureux de hip-hop se ruent dessus comme des affamés. Abonné aux albums collaboratifs depuis plus de cinq ans, pour cette rentrée 2017 il s’associe aux services de l’agent californien basé à Fresno, Planet Asia, pour Anchovies.

Qui d’autre que notre rappeur pour qualifier cet album entièrement, un projet enregistré loin de chez lui, à Detroit, là où officie notre beatmaker. Planet Asia en parle par ces mots : « elegant gangsta shit« , ou bien  « fly exotic thug shit« . Ce qu’on entend nous, ce sont surtout des loops de long samples façon pause-tape, cette technique de sampling qui consiste à enregistrer des parties de morceaux sur un enregistreur K7, une technique employée par Q-Tip notamment et plus généralement Roc Marciano. Mais l’ambiance se démarque tout de même des albums de Roc Marcy, Apollo impose la sienne bien qu’il ait -semble-t-il- changé sa façon de procéder, bien que certains indices auditifs laissent penser qu’il ait pu utiliser un sampleur. Pour le choix des samples, Apollo Brown n’est pas allé chercher bien loin. « Daila Lama Slang » (avec le très bon Willie The Kid) utilise le même que « Mash » de J Dilla (un des fameux Donuts), « Fire » (feat Tri-State) le même que « Why You Hurt Me » de Missy Elliott (tiré du classique vingtenaire Supa Dupa Fly), pareil pour « Duffles« , « Pain« … il y a comme un air entendu quelque part dans le passé. Résultat, Anchovies est relativement plat car très peu de batteries sont conservées dans les samples et de toute façon il n’y a pas d’ajout de beat. Reste le charme vieillot des grésillements de vinyles et ce calme omniprésent.

Au milieu de ces titres sans surprise musicalement brillent  de petits joyaux comme « Diamonds » (à juste titre), « Deep in the Casket » et « Speak Volumes« . Car malgré tout ces samples sont servis comme du caviar fraîchement sorti des esturgeons. Et une fois que Planet Asia a mangé ces mets et terminé le poisson (tant qu’à faire), il n’en reste que des arêtes. Le MC de la côte ouest resplendit sur des titres comme « Smell » (qui parle du struggle, de la galère comme rares sont capables de faire), le single « The Aura » et « Tiger Bone« , titre rendant hommage à la mémoire de The Jacka, le membre des Mob Figaz tué en 2005. Le morceau qui prend le plus aux tripes par ses textes est certainement « Pain« . Planet Asia évoque des situations très dures et très douloureuses que celles de proches décédés, des émotions très lourdes à supporter, sans faire semblant de chouiner avec des trémolos dans la voix comme font pas mal de rappeurs de nos jours. Poignant, et c’est rien de le dire. Très peu de featurings sinon, trois au total si on ajoute Guilty Simpson sur « Nine Steamin' ».

Pour résumer, Anchovies est un album très simple et brut dans sa conception, ne gardant que l’essentiel. L’écoute peut s’avérer longuette vu la lenteur des tempos, ce n’est pas le genre de rap qui nécessite d’aller voir un osthéopathe le lendemain, mais qui possède des qualités indéniable même si cette synthèse de Planet Asia et Apollo Brown méritait d’être un peu plus diversifiée. Quand on mange du caviar tous les jours, on finit tout de même par s’en lasser.

 

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