Raekwon « The Wild » @@@


Personne n’a oublié F.I.L.A. de Raekwon, non pas parce que c’était un gros album, mais a contrario une grosse déception. Quand on en soulevait les couches de superficialité, il ne restait hélas pas grand chose à se mettre sous la dent. Que faut-il attendre de The Wild? Un indice dans la note.

D’entrée, Raekwon donne un coup de chaud avec le très bon single « This Is What It Comes Too » qui affiche clairement son côté boom bap mais pas trop old school (c’est d’ailleurs pour ça qu’on peut le trouver très bon). Morceau suivant, « Nothing« , un titre équivoque de la part de Rae avec un instru ayant un arrière-goût de Wu; suivant, le soulful « Marvin » avec un refrain de Cee-Lo Green (bien vu); on passe d’un morceau à l’autre, passables à chaque fois mais pas de quoi se taper le cul parterre. Et c’est en écoutant l’extrait avec Lil Wayne (« My Corner« ) et ses criants synthés surannés qu’on met le doit sur le problème : les prods. Le Chef rebelle du Wu a fait appel à des beatmakers de troisième division. Et si le nom de la J.U.S.T.I.C.E. League n’était pas annoncée sur le second single « Purple Brick Road« , on aurait pas deviné que c’était eux dessus.

J’ai cru voir sur HipHopDX que le chroniqueur avait comparé Raekwon à Benjamin Button. Ce n’est pas faux, on a le sentiment d’écouter un très bon lyriciste rapper comme s’il était dans les années 2000, un album qui date d’avant Only Built 4 Cuban Linx 2 (hormis le featuring du pseudo-Drake qui s’appelle G-Eazy). À cause de ça, on passe à côté de l’essentiel. Au fait, aucun membre du Wu? Pas même Ghostface si ce n’est sur le remix de « This is What It Comes Too« ? (Donc absent de l’album…) Après, rien n’est à jeter, The Wild n’a pas de creux et des titres comme « M&N » ou le storytelling « Visiting Hour » (qui raconte l’histoire d’un détenu sur le point de prendre perpet’) rappellent qu’on n’a pas trop perdu de notre temps.

En parlant du temps qui passe plus vite que prévu, c’est déjà fini au bout de 11 morceaux (si on supprime l’intro et les skits sans intérêt). Quelle radinerie. Malgré tout le respect qu’on doit à Raekwon, qu’il sache que l’auto-suffisance, comme l’excès de featurings ou de gros producteurs, n’est pas un gage de qualité, même s’il y met tout son talent (qui est immense quoiqu’il fasse). Résultat, The Wild sonne comme un album daté qui subséquemment ne donne pas suffisamment de motifs de satisfaction.

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