Jay Rock « 90059 » @@@@


Jay Rock fut l’un des premiers membres des Black Hippy à se lancer dans le grand bain, c’était en Juillet 2011 avec Follow Me Home chez Strange Music (et non pas TDE) juste après Section.80 de Kendrick. Pour la suite, il a fallu s’armer de patience alors que ses camarades enchaînaient les sorties. La période de procrastination pour se lancer dans la préparation d’un second album a été suffisamment longue pour que le management de Top Dawg développe une stratégie commerciale innovante pour mesurer l’envie des fans : avancer la date de sortie de 90059 en fonction des pré-commandes. Suivant ce principe, de la date initiale de Décembre 2016 on est passé en quelques jours à peine à 11 Septembre 2015.

À dire vrai, il avait intérêt à sortir rapidement cet album, on était tous très pressés d’avoir un album de Jay Rock entre les oreilles. Pour certains, c’est le préféré des Black Hippy et ça se comprend : c’est le plus thug des quatre, le mec qu’on appelle en feat quand ça chauffe. La première remarque que l’on peut faire sur 90059 concerne la forme. Contrairement à Follow Me Home qui contenait beaucoup de featurings (Lil Wayne, Chris Brown, Will.I.am…), on est resté en famille chez TDE, avec les artistes et producteurs maison (Sounwave, Skhye Hutch, Tae Beast…). Immédiatement on repère le titre « Vice City » avec les Black Hippy au complet et inutile de dire que c’est déjà un titre incontournable (le clip j’en parle pas). Oh, et puis la suite « Money Trees Deuce » que je finis par trouver meilleure que le premier « Money Trees » sur Good Kid m.A.A.d. City. Les cuivres et l’instru mélancolique ne sont pas indissociables de cet énorme coup de coeur. Quel morceau !

90059 – ça y est j’y viens – n’est pas le code postal d’une agglomération du Territoire de Belfort comme vous pouvez vous en douter, c’est celui d’une section  de Los Angeles quadrillée entre Lynwood, Watts et Willowbrook. « 9 double 0 5 9 be the zip » introduit « Necessary » qui démarre réellement à la 40e seconde avec des notes de piano finement distordues accompagnées de caisses très spécifiques et variables, brutes, donnant un rendu agressif. La norme pour Jay Rock, c’est son milieu de vie, des tranches de vie tantôt saignantes tantôt plus douces qui sont décrites sur l’enchaînement « Gumbo« / »Wanna Ride » (feat Isaiah Rashad)/ »The Ways« / »Telegram » pour arriver à « 90059 » sur un sample de violon où le rappeur débite comme s’il portait une camisole de force. La qualité des prods est au rendez-vous avec des rythmiques précises et étudiées, alternant entre instru laid-back et aériens, avec des pointes de guitare car on fait du rap westcoast.

Autres bons instants de 90059, l’atterrissage à la cool de Kendrick sur « Easy Bake » avant de s’énerver à la fin du couplet, laissant ensuite la place à la belle SZA. Assez étonnante que cette apparition de Busta Rhymes sur « Fly on the Wall » qui donne des conseils tel un aîné à un jeune mec assoiffé. En tout cas Jay Rock est gonflé à bloc et cet second album studio en est un, de bloc. Il n’y a pas matière à comparer avec les autres Black Hippy, c’est une question de personnalité et de feeling.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Lions dit :

    Très bon album qu’on attendait depuis longtemps. Mention spéciale pour le featuring avec SiR, un artiste à suivre de très près.

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