Scarface « Deeply Rooted » @@@@


À la première sortie bénie par la hype de la nouvelle diva rap Travi$ Scott s’est opposée celle bien plus discrète mais importante d’une autre personnalité de Houston dont l’aura est décuplée par sa légende et inspire une humilité inconditionnelle, Scarface, avec Deeply Rooted. Le Geto Boy est sorti de sa retraite sept ans après Emeritus avec un douzième album empli de sagesse capable de s’adresser à un public au-délà de sa fanbase.

Ce tout nouvel album est principalement produit par une autre légende locale, N.O. Joe, qui a produit pour les UGK et d’autres vétérans comme LL Cool J. Force est de constater que, contrairement à d’autres producteurs qui sont restés trop old school avec les années qui passent, ce dernier a su parfaitement moderniser ses productions, au point de les rendre subtilement pop par endroit. Mais comme le titre Deeply Rooted l’indique, les racines blues et gospel sont plus proches qu’on l’imagine (« All Bad« , « God » avec John Legend, « Voices« ). Et hip-hop down south bien sûr. Pour info, ce n’est pas N.O. Joe qui produit le single « Steer« , savant dosage entre rap, blues et pop. Viennent assister à la production Mike Dean (big légende aussi) pour l’intro et l’outro, Nottz, Spuf Don…

Scarface lui est resté fidèle à lui-même, c’est le même homme qui a débuté avec « My Mind is Playin Tricks on Me » il y a presque trois décennies mais avec plus de hauteur. Plus mince aussi mais sa voix a gardé la même profondeur et sensibilité que ses textes. Le genre de rappeur qu’on écoute religieusement. Il n’a pas de nouveaux amis, à savoir Papa Reu et Z-Ro, des références de Houston, puis aussi Nas sur « Do What I Do » (qui convie Rick Ross en plus). Puis Cee-Lo était le convive idéal pour « You« . Monsieur Scarface a surtout la tête bien ancrée dans la rue (à moins que ce ne soit l’inverse) et sa plume bien encrée dans le goudron. Avec sa force vocale implacable, il rappelle qui est le boss sur « Dopeman Pushin » (un storytelling plus vrai que nature sur fond de gongs repris de « Beat It » de Michael Jackson), « Anything » et « No Problem ». Heureusement que des morceaux comme le laid-back « Hot Seat« , « Steer » ou alors « All Bad » sont là pour temporiser et varier les ambiances southern.

Je dois reconnaître que la première écoute de Deeply Rooted ne m’avait pas spécialement convaincu mais en creusant un peu, on ne peut qu’acquiescer de la tête. Scarface c’est devenu un peu le cadre quadra qui connaît tellement bien son sujet qu’il gère son taf efficacement, sans forcer, avec cette envie intacte de bien faire les choses pour rester au-dessus du lot. Cela m’a permis également de reconsidérer ce que je pensais de l’album de Travi$ Scott. Curieux non?

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