Tech N9ne « Special Effects » @@@@


J’étais en train de me demander si Aaron Yates n’allait pas finir par baisser le rythme un jour ou l’autre avec l’âge. Depuis 2006 avec le désormais culte Everready (The Religion), Tech N9ne et son label Strange Music ont maintenu un rythme d’enfer d’un projet démentiel en moyenne par an (album, compilation ou EP) sans jamais s’essouffler, jusqu’à nous époustoufler avec Something Else. Va-t-il à 44 ans lever le pied pour son quinzième album? La réponse : JAMAIS.

Dès « Aw Yeah?« , le King of Darkness nous énergise avec un instrumental mêlant trap, chants grégoriens et matière noire, avec des propos très forts pour dénoncer les atrocités de la guerre, des nazis à Boko Haram en passant par la Libye et les événements de Ferguson. Ce n’est qu’un prélude à « Lacrimosa » qui grimpe en puissance grâce à des choeurs gospels qui montent crescendo, un morceau conçu et écrit avec les tripes puisqu’il est question d’un requiem dédié à sa mère disparue. L’émotion est palpable, on se croirait dans une cathédrale. Les références religieuses sont récurrentes avec Tech N9ne, on en retrouve juste après sur « On the Bible » avec un très bon passage du nerveux T.I. D’ailleurs il n’y a que des numéro 10 parmi les guests, garantissant une poignée de singles potentiels. De toute évidence, « Hood Go Crazy » (produit par N4) en est un avec son refrain signé B.o.B. et un couplet de 2 Chainz sur ce banger down-tempo aux basses bien rondes comme des fessiers de twerkeuses. « No K » avec E-40 ferait très bien l’affaire également avec des sonorités électro et un refrain radio-attractifs. L’intervention très attendue d’Eminem sur « Speedom (WWC2) » tient ses promesses, une rencontre au sommet pour une performance pas moins impressionnante de la part des deux sprinteurs d’exception. Em’ tient aisément la cadence du turbo-flow de Tech N9ne -comme j’aime bien le dire- technique (accélération sur les doubles-syllabes) et d’une fiabilité rare sans même avoir besoin d’huile.

Special Effects fait dans le spectaculaire, avec des incursions rock, sur « Give It all » avec les Audio Push et sur le troisième volet de « Psycho Bitch » (featuring Hopsin) qui est un véritable truc de malade (c’est le cas de le dire) et le dubstep sur le final « Roadkill« . Avec une touche de trap pour rester actuel. Et quand on baisse sa garde sur « Wither » après une première minute plutôt calme, une bourrasque de musique métal vient souffler sur les braises pour les raviver plus intensément, ce qui rend Tech N9ne plus démoniaque encore. La note de l’album aurait été meilleure si les 4-5 dernières pistes n’étaient pas aussi convenues et mainstream. Après tout, si Tech N9ne veut en mettre plein les oreilles, autant le faire au plus grand nombre. Hey, l’album s’appelle Special Effects !

Le plus dingue c’est que plus de 90% des morceaux sont produits par un seul producteur, le fidèle serviteur Seven. Autre fidèle au poste, l’ami Krizz Kaliko, acteur devenu indispensable des albums de Tech N9ne. Comme après chaque écoute d’un album de Tech N9ne, on fait « wow ». Wowowow.

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