Chief Keef « Finally Rich » @@@


Il est la nouvelle sensation de Chi-Town, son single « I Don’t Like » a été remixé par Kanye West sur Cruel Summer. Il représente une jeunesse violente et sans repère, il s’est moqué de  Lupe Fiasco qui en est apeuré et en a pleuré. Il est signé chez Interscope. Il a donné des sueurs froides à son manager, il s’est moqué d’un rival tué par balles sur Twitter et il poste sur Instagram des photos de lui en plein ébats sexuels. Son premier album s’appelle Finally Rich, et il n’a que 17 ans. Lui, c’est Chief Keef. Pour mieux comprendre le contexte autour de ce jeune rappeur, je vous invite à lire ce papier d’Arnaud Fraisse.

Chief Keef est le premier rappeur  issu de la mouvance drill music à dégainer dans les bacs avec un disque en major, un disque d’une douzaine de titres qui n’aurait dû être au départ qu’une mixtape. La drill music est en quelques sorte le pendant Midwest de la trap muzik si vous voulez, dont il reprend quelques caractéristiques. Cette nouvelle niche rap est l’opposé de la scène à laquelle nous avait habitué Chicago, avec ses élites comme Common, Lupe Fiasco, qu’on peut classer dans le registre rap conscient, ou même Twista et son attitude gangsta.

On retrouve sur Finally Rich les singles qui ont enflammé le buzz autour de Chief Keef, à savoir « I Don’t Like » feat Lil Reese évidemment, « Love Sosa » qui ouvre l’album et « Hate Bein’ Sober » aidé par Wiz Khalifa et un 50 Cent qui chercher à grappiller un peu de crédibilité (merci Interscope pour l’arrangement). Autres valeurs ajoutées de l’album, Rick Ross, French Montana et Young Jeezy (qui lâche un couplet bien lourd sur « Understand Me« ) semblent être aussi le fruit de connexions fomentées par sa maison de disque pour donner plus de poids à ce jeune rappeur déjà sulfureux. Finally Rich a permis également de révéler le producteur Young Chop, qui a signé la plupart des beats. Comme dirait Sindanu, « Young Chop is the new Lex Luger ». Le rythme de ses sollicitations va aller en s’amplifiant.

Le style du rappeur s’identifie par un flow un peu chanté (parfois aidé d’autotune), des refrains efficaces pour compenser des couplets provocateurs et peu élaborés, et des schémas de rimes redondants qui connotent l’immaturité du rappeur. Et le disque en soi est immature. Les tracks sont relativement courtes, comme par exemple « Diamonds » (feat French Montana) qui aurait largement mérité un couplet supplémentaire, ou sinon Chief Keef s’attarde trop sur les refrains. Sans parler de « Laughin’ to the Bank« , dont le délire est de rigoler pendant quatre minutes en répétant plusieurs phrases. Comme Tony Yayo sur « Straight to the Bank » de 50 à l’époque, mais surexploité à mort.

Après tout la drill music n’en est qu’à ses balbutiements, mais déjà les gros labels sont dessus: Def Jam a signé Lil Reese et Sony/Epic possède King Louie. C’est dire l’importance du phénomène en ce moment. Reste à voir comment ce nouveau sous genre de rap va évoluer les mois à venir. Mais comme vous le devinez, ce n’est pas moi qui en parlera le mieux.

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