« C’est un truc de malade !!! J’entends le public en furie hurler mon nom, je sens le souffle des vivas des fans hystériques venir à moi… Sur scène, je me sens partir en transe alors que je ne contrôle plus mes doigts glisser frénétiquement sur ma guitare électrique, l’autotune est saturé à donf… Je tiens ma guitare comme le prolongement de ma bite en érection… C’est assourdissant, nirvanesque… Le public m’aime, me réclame, je suis génial, c’est ouf!! Je suis une rock star !! Je leur jette mon T-Shirt humide de sueur et les bitches en chaleur se l’arrachent. Je m’en taperai bien une ou deux après le concert, elles sont folles de moi… C’est le bon moment pour un slam, que les gens puissent me toucher, moi leur idôle… Je laisse ma guitare sur la scène et me lance dans la fosse !!! Et là, tout se passe au ralenti… mais…. pourquoi les gens s’écartent… Non, nonononononon ça va FAIRE MAAAAAL!!! HAAAAA!!! »
Un beau matin dans sa chambre d’hôtel, après un rêve comme celui-là, Weezy a eu l’idée de faire un album entièrement ckeu-ro. L’industrie du disque peut trembler !
C’est qu’il n’a pas déconné en déclarant que Rebirth ne serait pas hip-hop, c’est du rock quoi de plus normal qui en sort. D’un autre côté, il a grave déconné en se lançant dans un tel projet, emmenant avec lui dans cette tambouille des producteurs rap à se travestir comme les Cool & Dre, Tha Bizness, J.U.S.T.I.C.E League et DJ Infamous. Les singles « Prom Queen » et « Da Da Da » reflètent absolument le contenu. Euh si vous voulez vraiment écouter du rock avec des rockeurs pour de vrai, il y a des tas de trucs comme Oasis, Foo Fighters, Linkin Park, les Red Hot… Se prendre pour une rock star, entre nous, c’est juste un effet de mode. De toute façon, quand on s’appelle Lil Wayne, tout ce qu’il fait tout le monde trouve ça super alors… Il y a des moments où à force de relativiser, on finit par apprécier les raps de Weezy, ou le passage d’Eminem sur « Drop The World » et il arrive que certains titres soient écoutables (« Runnin’ » et le nerveux « Ground Zero » produit par Patrick Stump des Fall Out Boys).
Le gros point noir : il faut supporter sans cesse cet autotune nauséabond. Ce qu’il croit être une originalité provoque un monstrueux gâchis. C’est limite si l’haleine de Lil Wayne sortait exhaustée des enceintes vue la mine renfrognée que je fais en subissant ce vacarme. Pour nous distraire (un mot à ne pas prendre au sens « divertissement »), la chanteuse Shanell dévoile ses charmes quant ce n’est pas sa young moula Nicki Minaj présente sur « Knockout » (qui nous parle de chatte pour changer) pour une tentative foireuse d’Avril Lavigne salope. Quelques tracks comme « On Fire » et « One Way Trip » peuvent susciter des réactions inattendues, comme un fou rire à cause de ce sample ridicule de tube des eighties pour le premier, ou sur le second l’indignation devant cet imposteur de Kevin Rudolf posant sur un coup de batterie de Travis Barker (qui voit vivre un épisode honteux de sa carrière). Pis ouais, un « trip à sens unique » qui mène sur une voie de garage.
Bon ça y est c’est fait, il l’a fait son album rock, voilà c’est sorti, malgré tous les soucis qu’il y a eu autour. Tout ça pour ça. Rebirth n’est rien d’autre que du Lil Wayne en mode Guitar Hero. C’est pas sérieux et ça sonne bien mieux quand on lui coupe le micro. Ok il y a pire comme les pseudo-rappeurs qui se mettent à la dance, on est d’accord, et c’est moins dégueulasse sur Shock Value II. Maintenant doit-on s’inquiéter pour la suite avec Tha Carter IV… à voir quand il sortira de prison.

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