Tech N9ne « Killer » @@@@


Fallait bien que je m’y mette un jour à écouter du Tech N9ne depuis le temps que je voyais des topics fleurir sur ce rappeur de Kansas City sur les forums hip-hop. Paraîtrait même qu’il entre dans le top5 des MC au flow le plus rapide de la galaxie, une capacité que je voulais vérifier par moi-même.

Ça tombe bien, il vient tout juste de sortir son 11e album (!), le double-CD Killer. Pourquoi j’ai choisi ce disque-là alors qu’il a peut-être deux, trois indispensables à son actif au sein de sa discographie bien remplie ? ben parce que j’aime bien la pochette humoristique à la Thriller, tout connement, et parce qu’en cumulant le total de ses ventes d’albums, il vient de dépasser le millionième exemplaire écoulé avec Killer. Ouep, j’aime bien les arguments chiffrés aussi, normal j’ai fait des stats.

Deux CDs, 32 titres, plus de deux heures d’écoute, presque autant de temps pour en rédiger une chronique qui résume l’ensemble en cinq paragraphes, un par section. Première information à vous fournir, la liste de producteurs : Matic Lee, Seven, David Sanders II, Wyshmaster et Youngfyre, très doués mais manquent de notoriété. Trois tendances instrumentales se démarquent sur cet LP. La première, la plus volumineuse, aux beats sudistes d’un genre particulier dira-t-on, souvent des up-tempos techniques aux synthétiseurs proéminents, une deuxième tendance privilégiant des mélodies de guitare sèche et une troisième dans un style original où l’on peut regrouper les délires gothiques, tribaux, rock,… bref, le reste quoi. 

Acte I, scène I.  Consultation avec le docteur Frazier. Tech N9ne, dans le rôle du patient complètement atteint, est interné pour avoir commis des massacres microphoniques mais aujourd’hui, il va pouvoir enfin se défaire de sa camisole. Le verdict du psychanalyste est positif : le MC va pouvoir se lâcher à nouveau après quelques mois de silence. Cri de guerre spartiate, c’est parti pour « Like Yeah » et la course de débit « Weathies » avec la rappeuse Shawnna.

C’est l’occasion pour moi de faire connaissance avec le flow incroyable de Tech N9ne. Rien à voir avec un Twista en perte de vitesse ou le phrasé incompréhensible des Bone Thugs N Harmony ou encore l’irrattrapable Busdriver (qui explose les pronostics des orthophonistes). Tech possède deux modes, le mode ‘ralenti’ où il rappe à une allure soutenue, un peu au dessus de la norme, et le mode supersonique qui est généralement précédé par une accélération fulgurante.

Le single timbalandien « Everybody Move » nous scotche littéralement sur place, en fait sur le dancefloor. Sur cette première partie figurent des invités notables, comme Ice Cube sur le rap/reggae « Black Boy » (featuring Brother J du X-Clan), Paul Wall sur les basses lourdement graves de « Get Fuck Outta Here » et Scarface sur le banger aux influences orientales « Pillow Talkin’ ». Entre « Waitress », un « Crybaby » bien vilain et le rock « Shit is Real », Tech N9ne nous en fait voir de toutes les couleurs.

Acte I, scène II : The Dark Side. L’auditeur entre dans le côté obscur de Killer. Mais Tech N9ne n’a pas de complications respiratoires comme Dark Vador, il est à peine essoufflé. L’ambiance dépeinte avec des couleurs sombres (« Paint A Dark Picture » feat Dirtball) suggère une atmosphère malfaisante, malsaine, comme une série d’horreur softcore où plane le fantôme de l’opéra. C’est le retour de la « Psycho Bitch » qui cherche à malmener le sexe mâle en devenant « Poisonous ».

Acte II, scène 1. Comme pour Kill Bill, Killer possède une suite dont l’issue finale est connue d’avance (« Last Words ») mais dont le dénouement se déroule d’une manière différente du premier volet. Avec « I Love You But Fuck You », Tech N9ne met les choses au clair dans ses relations personnelles sans laisser le temps de nous remettre de la première boucherie. Après le blues un brin rock alternatif de « One Good Time », le MC enchaîne coup sur coup trois imposantes track aux instrus soldatesques, la « Drill Team » (feat BG Bulletwound, Krizz Kaliko et Snug Brim), « Beat You Up » (feat Lebowski, The Weapon & Big Scoob) et « Let’s Go » (feat Kutt Calhoun & Mistah FAB), pour finir sur le plaintif « Why You Ain’t Call Me ».

Acte II, scène II : The Sextion. Comme toute production américaine, que ce soit cinématographique ou dans le rap, il y a la fameuse scène de cul. Du très cru « Seven Words » (avec le chanteur Krizz Kaliko) susceptible de déflorer les chastes oreilles au heavy metal « I Am Everything » bien ‘sex, drugs & rock’n roll’, Tech N9ne parle sexe sans taboo. Comme Necro, il joue les « Sexorcist » pour nous faire passer la pilule de Viagra, jusqu’à se prendre pour Prince sur le terriblement sensuel « Enjoy ». Voilà pour le quart d’heure pour adultes.

Acte II, scène III. Tech N9ne annonce un « Happy Ending » suicidaire sur un air de piano enchevêtré sur un beat syncopé. La fin est tragique, il fallait s’y attendre à moins que vous ayez décroché en cours de route.

Pour réduire cet article en un groupe nominal : Une bonne grosse tuerie.

6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Nick dit :

    Encore un album d’excellente facture de Tech N9ne, qui – pour moi – est le meilleur rappeur que la Terre ait portée. Quel autre rappeur peut faire un double CD de cette qualité ? Et encore, Anghellic et Absolute power sont encore meilleurs que Killer.

    Tech N9ne est vraiment LE rappeur qui gagne à être connu.

    PS : Dans ta chronique tu aurais dû évoquer Holier than Thou, la meilleure track de l’album selon moi avec ses accents gospel.

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  2. Flow dit :

    N’aurait pas été usurpé pardon lol

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  3. Flow dit :

    N9ne m’a tué. Clairement.

    Pour faire court, en règle générale dans un double album il y a du déchet, beaucoup de déchet… or là j’ai beau chercher mais j’en trouve pas… Même les titres de moyenne facture sont potables.

    Un petit @@@@1/2 n’aurait pas été galvaudé mais merci quand même à Sagit de m’avoir fait découvrir ce prolifique MC !

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