Depuis le (re)départ de Juvenile et de leur producteur maison Mannie Fresh du navire Cash Money Records, Birdman et son ‘fils spirituel’ Lil Wayne restent les seuls maîtres à bord. Après leur album en commun Life Father Like Son (disque d’or aux Etats-Unis) et en attendant patiemment le troisième volet de la trilogie The Carter de Weezy F prévu pour Février, le multi-millionnaire Bryan ‘Baby Birdman’ Williams, 38 ans (et oui), se saisit de l’opportunité pour sortir 5*Stunna, qui se place dans la lignée de ses précédents albums (Fast Money), à savoir de la ‘bling bling music’ ne servant qu’à assouvir sa propre gloire (synonyme de fortune) et faire l’étalage de ses signes extérieurs de richesse.
Pour enregistrer ce disque, le boss nouvel-orléannais a délocalisé son studio à Miami en retrouvant son directeur artistique DJ Khaled, qui n’a pas manqué de scander ses gimmicks saoulants « This for the hood, this for the ghetto, we the best, we millionnaire », (blablabla…) sur l’intro de l’extrait « 100 Millions » feat Rick Ross, Young Jeezy & Lil Wayne. Ce hit sudiste est produit par les Cool & Dre, sur lequel nos quatre têtes d’affiche cumulent leurs couplets et leurs comptes en banque pour en arriver à la somme indiquée. Cet album à moitié solo (Lil Wayne est présent sur sept pistes) recèle des thèmes clinquants habituels et sans modestie : l’argent (« The Money So Fresh »), son pouvoir d’achat, le ghetto (« Love My Hood », « Grind »,…), l’attitude gangsta (« Fully Loaded », « I’m a Stunna », « Head Busta »,…), en somme de l’alimentaire en gros clichés rap américain. Ce qui ne dérange pas plus que ça en fin de compte, car les instrus (offerts par TMIX, Fliptones,…) sont très bien réalisés, dans une veine typiquement Dirty South qui alterne entre blues mélodique et bangers efficaces.
Lil Wayne pique la vedette au ‘number one stunna’ pendant ses septuple apparitions (les ricains utilisent le verbe ‘to outshine’ dans ces cas-là), surtout parce qu’il est bien meilleur que lors de ses innombrables figurations cette année. Pas la peine de se boucher les oreilles, Wayne c’est la valeur ajoutée de ce 5*Stunna, grâce à ses bonnes prestations sur « I Run This », « Grind » et particulièrement sur le refrain de « Believe Dat », avec un style différent dans son flow, plus acceléré. Sur « Make Way » (avec Fat Joe), il part carrément dans un délire ragga, ce qui ne laissera personne indifférent, tandis que sur le crunk « Pop Bottles » (avec un instru copié sur Lil Jon), il ne nous sert que le minimum syndical. Mis à part ce contraste, Lil Wayne relève la barre et donne un ordre d’idée de ce que sera The Carter III.
Avec une vingtaine de morceaux (moins les interludes et plus les trois bonus tracks), il y a de quoi trouver son compte, même si on a droit à une bonne partie de duo ‘tel père tel fils’ Birdman & Lil Wayne. 5*Stunna, un album 3 étoiles.
(chronique écrite le 7 Janvier 2008 pour Rap2K.com)

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