Outkast « ATLiens » @@@@@


Deux ans après l’énorme ‘Southernplayalisticadillacmuzik‘, Andre et Antwan sont de retour d’une autre dimension avec plein de nouvelles idées. Descendus sur la ville Atlanta en extra-terriens, les Outkast sont devenus des ‘ATLiens‘, une entité rap réellement  à part.  Car si leur premier essai fut des plus classiques (dans tous les sens du terme), leur identité musicale s’est clairement détachée du commun de humains rappeurs avec cet OVNI. On ne dira plus jamais que les Boi et Dre font des albums rap Dirty South, mais du OutKast.

Alors qu’on jette un coup d’oeil au livret révélant un Comics de sciences-fictions mettant en image nos deux héros, la musique joue le rôle de bande son idéale. Fini les délires de players et de pimps, les southern vibes telles qu’on les a connus, les Outkast allaient tout redéfinir, jusqu’aux lois de la musique, ne conservant que leur Cadillac qui a été modifiée pour rouler hors-sol. Dans ces conditions, l’esprit se situe dans un tout autre espace, mystique et futuriste, dont l’entrée est emmenée par un sample de « Summer in the City » de Quincy Jones. C’est le moment de sauter sur la banquette arrière rejoindre « Two Dope Dope Boyz » et planer sur « Wheelz of Steel » (métaphore pour les platines et non pas pour les jantes, d’où les partitions de scratches), avec entre deux leur nouvel hymne « ATLiens » qui donnait le mot d’ordre du rap sudiste : soyez vous-mêmes, soyez des originaux. Big Boi et Andre sont de vrais visionnaires. À en juger « Millenium » et « E.T.« , il faut croire qu’ils sont les revenants d’un voyage ailleurs dans le futur pour savoir à ce point où ils allaient.

Cet univers musical plus sombre et mélancolique est dessiné par les Organized Noise mais aussi par les Outkast eux-mêmes sous le nom de Earthtone. Les thèmes des chansons font souvent référence à la Bible, tel que sur « Jazzy Belle« , « Decatur Psalm » (avec Big Gipp des Goodie Mob) et l’épique « Babylon« , avec comme constante ces choeurs gospels qui viennent renforcer la puissance spirituelle de leurs rimes. Le superbe « Mainstream« , emmené par une guitare bluesy et deux notes d’orgue jouées en continu, est également un récit plus poignant qu’il n’y paraît, puisqu’il est question des difficultés des familles défavorisées pour subvenir à des besoins parfois superficiels, pour se voiler la face. Au-délà des lyrics et de leurs flows inimitables, leurs textes lourds de sens nous élèvent à de plus hauts degrés de réflexion. Vient cette image de « Elevators« , peut-être LE morceau de ‘ATLiens‘. L’atmosphère est calme sans être sereine sur ce morceau à la fois dépouillé et extraordinaire, alors que les Outkast téléporte l’auditeur jusque « 13th Floor/Growing Old« , une conclusion riche en émotions.

Quand on découvre ou rédécouvre ce disque incroyable encore maintenant, c’est là qu’on se demande si ces bonhommes géniaux, tant complices que complémentaires, ne nous ont pas été envoyé par delà la Voie Lactée. Avec cet OVNI qu’est ‘ATLiens‘, les OutKast ont ouvert une nouvelle brêche, une faille spatio-temporelle dans le rap. Les Goodie Mob Big Gipp, T-Mo et Khujo suivent la voiture de tête, tandis qu’on salue l’arrivée de Cool Breeze et Witchdoctor au sein de la Dungeon Family. La direction artistique extrêmement audacieuse conjuguée au style avant-gardiste des rappeurs ont fait de ce chef d’oeuvre un mythe bien réel.

Postez vos avis!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s