Alors j’avais déjà parlé de son classique Return to the 36 Chambers qui débordait par sa personnalité loufoque, sans limite, insaisissable. On ne sait même pas s’il rappait dessus. Encore aujourd’hui, j’ignore pourquoi on kiffe autant ce disque énigmatique et foutraque, alors le second… A la rentrée 99, le regretté Ol’ Dirty Bastard sortait N⭐️⭐️⭐️a Please entre deux séjours en zonzon, qui s’inscrit dans la Wu ‘phase 2’.
En premier, je me rappelle parfaitement du clip de l’unique single « Got Your Money » (plus une sorte de montage vidéo qu’un clip en fait) qui tournait en boucle sur MTV. Deux révélations majeures sur ce single culte : les Neptunes et leur égérie Kelis au refrain. Bon sang que de souvenirs, déjà ré-entendre le comique/comédien Chris Rock et ce jeune premier de Pharrell qui posent sur « Recognize » avant de laisser ce sale bâtard rapper (oui, il y arrive en gueulant). Les Neptunes produisent aussi la reprise dingodissimantesque de « Cold Blooded » de Rick James. Le frérot Ghostface n’approuvait pas spécialement ce choix clivant de prods synthétiques et minimalistes de ce jeune duo de Virginia Beach, vraiment il les détestait. Mais ils étaient approuvés par RZA though.
Woh pitin « I Can’t Wait » je me rappelle le sample du générique de Hooker ! Mais siiii Hooker avec William Shatner vous vous rappelez ? Ah vous étiez peut-être pas né… C’était cette série policière qui arrivait à l’heure de la sieste sur TF1 après la bûche de glace Viennetta, avant que soit programmé Walker Texas Rangers. Ce titre est produit par Irv Gotti (qui nous a quitté récemment), je déconne pas, le même Irv Gotti qui produisait Ja Rule. Et rholala entendre ODB rapper comme il le fait dessus, absolument unique. Un ‘shout out’ à Suge Knight, Dr Dre, Snoop, Outkast et aux sous-marins. C’est vrai quoi, on pense jamais aux sous-marins. Donc si on récapépète, les Neptunes, Irv Gotti (« Rollin Wit You » « You Don’t Want To Fuck Wit Me ») et évidemment RZA (et ses disciples Buddha Monk et True Master) qui ont cuisiné ce second solo de Russell Jones.
La folie d’ODB semble plus maitrisée qu’auparavant et ne figure autre aucun membre du Wu en featuring si ce n’est des affiliés (Raison the Zukeeper, 12 O’Clock, La the Darkman). Reste cette alchimie avec RZA qui fait des étincelles qui enflamment un cocktail molotov qui font bruler l’appart qui font bruler l’immeuble. Le morceau-titre « N***a Please » reste bien collé dans la tête et n’en ressort qu’en crachant les lyrics l’air fou furieux, SOYONS FOUS. Le sénérade de « I Want Pussy » j’en parle pas, essayez bourré (ou pas). Pis le slow-jam duo avec Lil Mo n’a rien de si improbable finalement. Le genre de tracks qui rappelaient que bah ce drogué-alcoolisé-barjo est grave un grand sensible qui aimait bien les « bitches avec les trous du cul qui puent », les gosses (on ne les compte plus tellement il fourrait sa queue partout) et cette incapacité notoire à se raisonner.
On en finit avec, des maux de têtes, pardon…, avec « All In Together » et la track cachée « Cracker Jack » où le drunken style d’ODB prouve bien qu’il sait rapper (ultra-approximativement je sais mais c’est subjectif on s’en branle). Je me souviens que ce disque a eu droit à la note maxi dans le magasine Groove (GGGGG, oui l’unité était le G sans faire de jeu de mot). Ne jamais oublier ce disque, JAMAIS VOUS ENTENDEZ. Maintenant éthylons-nous à sa mémoire.
LA NOTE : 18/20.


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