Admettons que vous avez tou.tes été converti.es au Baduisme, la néosoul (ou nusoul) faite femme. Admettons aussi que vous étiez au courant qu’elle sortait avec Andre3000 des Outkast, avec qui elle a eu un enfant répondant au nom de… Seven. Et qu’en 99, ils rompent. Amour, naissance, rupture, trois choses qui bouleversent une vie, même d’artiste. Andre de son côté a évoqué cette triste histoire dans la célèbre chanson « Ms Jackson », issu du classissique Stankonia.
Erykah, alors âgée de 29 ans, s’enferme alors en studio, et pas n’importe lequel, ni avec n’importe qui : l’Electric Lady Studio, celui de Jimi Hendrix, avec James Poyser, Questlove, Common (qui deviendra plus tard son nouveau boyfriend), D’Angelo, bref la clique Soulquarian. Les Soulquarian, pour rappel, avaient comme musiciens : ?uestlove, J Dilla, James Poyser, Pino Palladino et le vieil ami Roy Hargrove (paix à son âme). Les mêmes qui bossé sur ces trois chefs d’oeuvres: Fantastic vol.2 des Slum Village, Like Water for Chocolate de Common et Voodoo de D’Angelo.
Ceci pour mettre un peu en perspective l’état d’esprit de l’envoutante chanteuse à la voix très ‘roots’. A commencer par une intro électrisante avant d’aborder une facette douce amère avec le single « Didn’t Cha Know ». Cet aspect teinté d’amertume et d’un soupçon de tristesse se retrouve sur d’autres titres comme la ballade à la guitare « In Love With You » en duo avec Stephen Marley, « AD 2000 », le magnifique slow « Orange Moon », « Green Eyes »… Une mise à nue de la sensibilité profonde de madame Badu, le coeur entre les mains. Il aura fallu que j’écoute le disque paru chez Motown (FYI) pour découvrir que la version sur MTV de « Bag Lady » était en fait un remix (reprenant l’instru de « Xxplosive » de Dr Dre sur Chronic 2001), et que l’original sur CD est plus soulful et feutré. Mais toujours avec ce sample de guitare repris de la BO de Shaft.
La vibe baduiste donne du baume au coeur avec le fantastique « Cleva » avec monsieur Roy Ayers (son mentor), « … & On »… Pas si douce en fait, elle rembarre sèchement sur le jam « Bootie » avant de nous faire fondre avec « Kiss Me On My Neck ». Mama’s Gun est un éventail de sentiments dont les paroles et la voix, les mélodies, créent une empathie immédiate. Ce côté mystique d’Erykah Badu qui fait d’elle une immense artiste, une femme d’influence(s). Les dix dernières minutes de « Green Eyes » sont gravées à jamais dans la mémoire de la nusoul.
LA NOTE : 20/20


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