Commençons par les formalités, la présentation des membres des D12 diminutif de Dirty Dozen : Kuniva, Swifty McVay, le blanc-bec Eminem (nan sans deeec), Proof, Kon Artis et le mec chelou à la charlotte c’est Bizarre (et ce mec-là il est vraiment méga chelou). Soient six rappeurs. Ensemble, ils vont enfanter un monstre qui pisse sur la morale et les fleurs dans les cimetières. Leur album, Devil’s Night, est le premier album paru chez Shady Records, label d’Eminem. Il sort été 2001, un an après l’inoubliable The Marshall Mathers LP.
D’où ils sortent? des blocks de Detroit peu fréquentables et rongés par la drogue, un sujet récurrent et bien mis en avant sur leur premier et amusant single « Purple Pills » qui a super bien démarré l’été 2001. Profitant de la Eminemania qui a rendu l’adhésion au groupe quasi automatique, s’ajoutant une poignée de prods de Dr Dre qui transformait tout ce qu’il touchait en platine, égal le succès immédiat au rendez-vous. L’ambiance musicale est aussi au diapason, c’est tous les jours Halloween dessus. Capables du pire (« Pimp Like Me ») comme du meilleur, du sérieux même (comme « Revelation » qui parle de leur environnement invivable pour un humain normal) et la bombe « Fight Music », titre guerrier servi par un Dr Dre en grande forme (samplant du Led Zeppelin).
L’extrait « I Shit On You » sorti en 2000 figure sur l’édition limitée de Devil’s Night, un peu mise à l’écart car on a pas mal fait chier (justement) le groupe pour leurs propos, ce qui leur a valu d’être visés par la censure aux USA. Mais hey « Ain’t Nuthing But Music » non? Ce qui fait de ce skeud un album marquant est surtout cette belle équipe soudée, comme le démontre parfaitement le titre « That’s How People ». L’album aura permis aussi de révéler un autre futur rappeur de Shady Records : un dénommé Obie Trice.
Trois gars des D-12 se distinguent du lot :
– le bedonnant off-beat et bien gênant Bizarre;
– le MC très doué de la bande Proof (RIP), backer et meilleur ami d’Em;
– Kon Artis pour sa polyvalence rap/chant/prod, a/k/a Denaun Porter ou Mr Porter.
Mais aucun d’entre eux ne connaîtra hélas pas de belles carrières solos. Sauf Eminem. Il reste égal à lui-même hein, le diablotin s’en prenant comme d’hab à son ex, sa mère et les popstars en tout genre, et personne ne s’en plaignait… (à part ses TRES NOMBREUX détracteurs évidemment). De sacrés souvenirs en tout cas ce Devil’s Night. A une époque où une frange du public rap avait du mal à se passer d’Eminem, c’était bien plus que du supplément cet étrange et dérangeant album.
LA NOTE : 17/20


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