Terrace Martin fait maintenant partie de ces acteurs incontournables de la scène musicale californienne. Intronisé par Snoop Dogg, collaborateur régulier de 9th Wonder et Robert Glasper, artisan de To Pimp a Butterfly de Kendrick Lamar, multi-instrumentiste avec le saxophone comme fétiche, Terrace nous régale de plusieurs sorties annuelles qui ne manquent jamais d’inspiration. Je voulais revenir sur DRONES paru cette fin d’année trouble 2021, et qui compose avec de prestigieux invités.
La chanson « Drones » qui donne son nom à l’album convie Kendrick Lamar, Ty Dolla $ign et un Snoop Dogg qui parlote à la fin, à la façon de George Clinton quand il fait coucou sur des morceaux de rap. La teinte funky et légère est très plaisante et revient de temps en temps le long de cet album d’une quarantaine de minutes. On la retrouve sur « Work It Out » avec un bon passage de Cordae, titre sur lequel Terrace s’exprime avec un voix plus ou moins transformée par le vocoder, un autre de ses outils fétiches qui fait sa marque de fabrique. Sur « Don’t Let Go », il n’y a d’ailleurs pratiquement que ça, sur un air gospel mais solo.
Ce mélange équilibré de soul/funk/r&b/rap respire la Californie par tous les pores sur cet opus, mieux, le fameux ‘son de Crenshaw’, ce quartier de Los Angeles qu’il représente à chaque fois. Ici sur « Griots of the Crenswhaw District », en compagnie du rappeur-producteur Hit-Boy et un autre saxophoniste de renom, Kamasi Washington. Robert Glasper est également de la fête, on a presque le pack de musiciens qui ont co-fabriqué To Pimp a Butterfly. Niveau transformation de voix, James Fauntleroy, que Terrace fréquente souvent, amène vraiment « Reflection » et « Listen » (où la voix de Kim Burrell fait des merveilles aussi) vers d’autres hauteurs grâce à ses effets vocaux uniques. On peut l’entendre un peu sur « Drones » d’ailleurs aux côtés de Ty$.
« Evil eyes » avec YG est par ailleurs un de ces titres qui nous emporte assez loin dans cette L.A vibe, que l’on doit aussi à la chanteuse Malaya qui est juste incroyable. « Sick of Cryin’ » avec Leon Bridges et le rappeur D Smoke est bien rythmé par les cuivres de Terrace Martin. Bien vu aussi la connexion avec le phénomène Channel Tres sur « Taped » et les interventions de Smino et Arin Rae sur « This Morning ». Voilà tout ce qu’on peut retrouver sur DRONES, bien qu’il puisse manquer d’un peu de cohérence au projet. Certains titres manquent un peu d’accroche mais rien qui puisse bouder notre plaisir, tout est fait pour apprécier les belles sonorités de cet album. Applaudissements pour Terrace Martin.
LA NOTE : 16,5/20
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