Skill = compétence en anglais. Mais encore? Skillz est un MC connu pour ses « Rap-Up » annuels (sorte de rétrospective en rap) et réputé pour être un ghostwriter qui n’a jamais contrevenu à ses clauses de confidentialité. Mais ce n’est pas la seule ligne de son CV. Avant qu’il fricote avec Timbaland, les Roots et les Neptunes (pour ne citer qu’eux) durant les années 2000, Skillz s’appelait Mad Skillz et sévissait dans les battles en représentant son trou perdu de Richmond, Virginie, parce que c’est là d’où qu’il vient. Voilà la réponse toute cuite à la question de son 1er LP.
From Where??? est probablement l’album le plus éclipsé de ’96, injustement mais hey, c’est le game hein… Mon sentiment de louper quelque chose était trop fort, du coup je l’ai le écouté, puis acheté carrément, parce que ça en vaut le coût/coup. C’est aussi parce qu’il est l’un des premiers artistes (avec les Pharcyde et les Tribe Called Quest) à poser de prods du jeune Jay Dee aka J Dilla, ici « It’s Goin Down » et « The Jam ». C’est pas rien parce que c’est du bon. Pour l’anecdote, c’est Dilla qui avait proposé une beat-tape à Mad Skillz, contenant même le fameux instru de « Runnin’ »… Le single principal de cet opus est « The Nod Factor » illustré. Pour l’anecdote, Madlib repompera complètement cet instru sous l’alias Quasimoto pour « Broad Factor » en 2013 (si si j’vous jure). Et pour info, le méchant Skillz est né à Detroit.
Aucun doute qu’à l’entendre, Skillz est accro au micro et capable de poser avec les meilleurs. Pas un hasard de retrouver Q-Tip sur « Extra Abstract Skillz », le ‘extra’ étant Large Pro qui signe la terrible prod au passage (ces notes de piano sont efficaces). Avec une belle brochette de prodos (ajoutez DJ Clark Kent, J Period, Ez Elpee, les Beatnuts, Buckwild, pté c’est chaud le niveau), Skillz surfe sur plusieurs ambiances et use de son emceeing pour rendre ce disque le moins impersonnel possible. En parlant de surf, des titres bien cools aux refrains chantés comme « Get Your Groove On » ou « Move Ya Body » sentent bon l’été des années 90; à l’inverse des sons obscurs contrebalancent (« Unseen World », « Doin Time in the Cypha »).
Finalement, Skillz ne s’est pas arrêté sur ce gros flop en major (il était signé chez Atlantic) et s’est fait connaitre pour autre chose que ses albums. Mais ce serait injuste de passer à côté de ce disque qui incite au respect, en plus d’être coolax. VA était dans la place!
LA NOTE : 16/20


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