Après les Mobb Deep, un autre duo de rappeurs allait incendier le Queens en 97 : les soldats Capone-N-Noreaga et leur qlassiq The War Report. L’un porte comme pseudo le nom du célèbre criminel Al Capone; l’autre, afro-latino, celui du dictateur panaméen lié au narcotraffic, Manuel Noriega. Gangsta rap, rap hardcore et un peu mafioso rap, rap militant, tout ça à la fois, c’est en direct-live de Queensbridge avec War Report.
Surtout les 2 rappeurs se placent en reporters de guerre. Leur quartier de LeFraq devient « Iraq » (les braises de la guerre menée par Bush Sr étaient encore chaudes). Comme disaient les Mobb Deep, « there’s a war goin on outside, no man is safe from ». Puis ça saute aux yeux, en abrégé leur tandem, fait « C-N-N », comme la 10e chaîne de la télé hertzienne. La référence à la chaine d’info est évidente sur « Channel 10 » (métaphoriquement parlant) sur une prod atmosphérique signée Lord Finesse. Le choix de producteurs, parlons-en : Finesse, Buckwild, Ez-Elpee, Carlos Broady, Havoc, DJ Clark Kent et la légende locale Marley Marl, qui produit le contre-diss « L.A. L.A. », en réponse au « New York New York » des Dogg Pound. Avec le soutien des Mobb Deep pour cette violente riposte.
L’ambiance est proche de celle des Mobb Deep, un son typique du Queens avec son lot de tracks cultes : « Illegal Life », « Parole Violators » ou « T.O.N.Y. » (pour ‘top of new-york’), là encore une ref à la drogue (impossible de pas penser à Tony Montana). Le duo n’était pas des assassins lyricaux à proprement parler, néanmoins le mélange de refs était explosif, Noreaga déjà très impulsif dans sa façon de rapper avec déjà ses gimmicks « what-what ». Capone était tout aussi vicieux avec sa voix particulière. Beaucoup de soldats entourent le tandam : Muhsalini, Castro, Imam Thug… Il y a aussi ce troisième homme, le très présent Tragedy Khadafi, un pilier du Queens également. C’était cool cette époque où ça portait des noms de gangsters ou dictateurs.
Côté personnalité, Busta Rhymes est crédité sur « Driver’s Seat » mais il n’apparaît qu’à la fin pour quelques secondes, son couplet étant coupé sur la version album! Pire, un titre avec Nas a été supprimé du tracklisting pour une histoire de sample non déclaré. Cela aurait eu de la gueule punaise! On se console avec le boogie de la piste 12 « Thug Paradise » (et non pas « Stay Tuned »). Ce classique (tout court) War Report a mis plus d’un an à sortir après les premiers singles, avec le label Tommy Boy c’était galère comme d’habitude… Cela aura été moins compliqué pour la sortie de War Report 2 en 2010.
LA NOTE : 18,5/20


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