Après la Pinata, le BBQ. Pourquoi je dis ça? Bandana est sorti en 2019 en plein record de chaleurs estivales, et ces records n’étaient que le début d’une mauvaise série… Bref. Pour ménager mon éco-anxiété, les ‘Madgibbs’ proposaient pour leur seconde collaboration des grillades, à point ou saignantes, en veux-tu en voilà. Avec plein de sauces piquantes, pour que ce soit plus chaud que chaud.
Notre association de malfaiteurs semble inarrêtable, intraitable et désormais fait figure de bande de récidivistes avec ce second album. Avec comme premier single « Crime Pays » (et son clip tourné dans une ferme…), Freddie Corleone paraît au sommet, plus gangsta que jamais, égal à lui-même. Mais celui qui régale vraiment les oreilles, c’est Madlib : samples soulful qui crépitent comme du bois qui brule, beat-switches surprise, de bonnes caisses pour changer des instrus drumless… Le producteur iconique d’Oxnard s’est remué le cul pour faire des beats dangereux (et même de la trap sur la première moitié de « Half Manne Half Cocaine »!) Par rapport à leur précédent classique, chacun a essayé d’augmenter son game de son côté. Quitte à en vouloir faire un peu too much? Difficile de faire mieux que Pinata il est vrai, sacré challenge, d’où la délicate ligne médiatrice qui conserve ce qui nous a plu sur Pinata tout en se renouvelant par touches en explorer d’autres voies, pas trop éloignées.
Et les feats : POPOPOPOOO. Juste cinq artistes, et pas n’importe lesquels. Anderson .Paak s’occupe du refrain de « Giannis » (comme le basketteur oui), les maîtres Black Thought et Mos Def donnent une leçon sur « Education », puis Killer Mike gère le refrain de « Palmolive » avec en prime un couplet de Pusha T qui dégrais… digresse pardon (ref’ au produit vaisselle si vous ne l’aviez pas).
Bandana en quatre mots: « all killer no filler ». C’est un super album, très dangereux. D’une durée de trois quarts d’heure environ, ressenti 1h30 avec tous ces beats switch et cette impression de linéarité dans le flow malgré les rafales de Freddie. Franchement, je me répète : on en prend plein le oreilles. Et on s’est peut-être un peu enflammé aussi face à brasero, avec une partie centrale trop sèche à mon goût (« Flat Tummy Tea », « Situations »), d’autres trop poivrées. Puis notre attention qui se détourne un peu, regardant attachée plus loin à un arbre, il y a toujours cette Pinata qui se balance au gré du vent, nous narguant pour qu’on tape bien dedans plusieurs fois encore.
LA NOTE : 16,5/20
(chronique écrite le 16 novembre 2025)


Postez vos avis!