Puis-je avoir votre attention s’il vous plaît pour The Marshall Mathers LP? Mai 2000, hé là qui r’voilà : Eminem a/k/a Slim Shady. Et l’album qui porte son vrai nom, celui de son acte de naissance : Marshall Mathers. Second album chez Aftermath Records après la bombe Slim Shady LP, avec huit prods paraphées par son médecin traitant Dr Dre. On va tout de suite abréger le nom de l’album en MMLP pour aller plus vite.
Et ça démarre fort avec le mégatube « The Real Slim Shady » : + irrévérencieux, + provoc, + exagérément lui-même. Avec son armée de clones blonds, il met le majeur dans le cul du showbiz qui le kiffe grave comme le déteste à la fois. Moby, Britney, Marylin Manson, ils passent à la casserole.
Et ça démarre fort avec le mégatube « The Real Slim Shady » : plus irrévérencieux, plus provoc’, plus controversé, plus exagérément lui-même. Avec son armée de clones blonds, il met le majeur dans le cul du showbiz qui le kiffe grave comme le déteste à la fois. Moby, Britney, Marylin Manson, ils passent tou.tes à la casserole. Faut dire que faux-blondinet adore se faire détester et se moque de qui il a envie. Sa passion : s’essuyer les fesses sur la ligne rouge. C’était l’époque où le white trash était considéré comme cool dans la pop US, et ça tombait bien, pour la chaîne musicale MTV (quand elle passait encore de la musique…), qui raffolait de néo-métal et émissions turbo-débiles comme Jackass. D’ailleurs moi aussi quand j’étais en terminale cette année-là, je m’étais peroxydé les veuch… (oui j’ai eu des cheveux).
Sauf que j’étais pas un psychopathe comme Em’ (« Kill You », « Criminal », « Amityville ») qui, avec son flow démoniaque et sa voix nasillarde, cultivait un goût pour l’humour noir et les rimes glauques. Mais avec une forme de conscience, comme la responsabilité qu’implique son statut de star du rap. Ça s’est traduit avec le morceau phare « Stan »: Eminem lit les lettres d’un fan ultra qui prend trop à 💛 ses textes, et à qui il finit par répondre tardivement… Bref vous connaissez par coeur ce fabuleux storytelling avec cette chute (du haut d’un pont) qui fait mal. Le MC de Detroit a pris le monde à contrepied. Ce titre ne serait pas ce remarquable hit sans ce sample de la chanteuse Dido « Thank You », dont il a parallèlement catapulté la carrière au passage. C’est elle d’ailleurs l’actrice qui joue la femme de Stan dans le clip. C’est surtout qu’aujourd’hui dingue de voir à quel point l’expression ‘Stan’ est resté ancrée dans les moeurs. On disait même « je stan » pour « je suis fan » il n’y a pas si longtemps.
Sur MMLP, Eminem a aussi flirté avec le gangsta rap westcoast sur la bombe (pas que celle de peinture qu’on entend) « Remember Me » avec la grosse voix de RBX et le dingo Sticky Fingaz des Onyx. On le surprend même en levrette sur « Bitch Please 2 » avec la clique originale Dre/Nate Dogg/Snoop/Xzibit du premier « Bitch Please » (qui figurait sur No Limit Top Dogg de Snoop en 99). Mémorable oui! Au bout souvenir du Up In Smoke Tour. Dans le genre dramatique/sérieux, il y avait aussi « The Way I Am ». Eminem se justifie d’être lui-même que ça plaise ou non, alors que sa popularité continuait de grimper : 25 MILLIONS de copies de MMLP dans le monde, sans compter le téléchargement illégal et massif sur le programme Napster…
Pas besoin de tabloïds, Eminem racontait sa vie en long en large et en travers (jusque sur la pochette de son ancienne baraque), et on s’intéressait à ça avec un plaisir malsain faut l’admettre, entre des skits humoristiques (avec notamment Paul Rosenberg son manager). Ah oui, un point important : il intronise son posse les D-12 sur le morceau « Under the Influence », mettant le projecteur sur eux avant de produire leur premier album l’année suivante, Devil’s Night.
Avec MMLP (longtemps considéré comme son meilleur CD), Em’ a prouvé qu’il était plus qu’un simple phénomène de foire, le clown accro à la drogue Slim Shady. Artistiquement, il a passé un cap grâce à Dr Dre de nouveau. C’était y a 25 ans. Déjà. Putain de souvenir de cette ère prospère. Le voilà passé au rang d’icône. Ce MMLP a été un putain de marqueur de cette époque glorieuse de consumérisme et d’excès. Au point que sa suite MMLP2 sortie en 2012 est nulle à chier en comparaison.
LA NOTE : 19,5/20


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