La funk a vécu, et vit après le COVID, grâce, entre autre, à Mayer Hawthorne et Jake One en smoking. Dire qu’il y a vingt ans, le monde s’imaginait que le funk était devenu ringard… Avant d’être dépoussiéré et remis au goût du jour dans toute sa diversité grâce à Dam-Funk, eux les Tuxedo, Mark Ronson, Dabeull chez nous en France… Ce genre est bel et bien vivant, prêt à nous faire groover à la moindre occasion. Alors, on ajuste les noeuds pap’ pour les messieurs, on sort son meilleur rouge à lèvres pour mesdames, et c’est parti mon kiki avec ces volumes III et IV de Tuxedo.
TUXEDO III (2019).
« The funk is here to stay, I toast to that », voilà l’entrée en matière façon Tuxedo pour ce troisième volet. On trinque, un verre de tuxedo en main, parce que c’est aussi le nom d’un cocktail à base de gin. La magie du duo opère immédiatement en recréant cette musique funk eighties à mort sous toutes ces coutures, avec ses rythmes nous piégeant sur le dancefloor autant que rouler décapoté sous les palmiers (« On A Good One », « Close », « OMW » pour ‘on my way’), entrecoupé de quelques séduisants slow-jams pour nuits chaudes (« Toast 2 Us », « Extra Texture »). Ce troisième volet est avant tout marqué par de nombreuses collaborations intéressantes. Le jeune prodige r&b Leven Kali est paré pour la ride avec le légendaire DJ Battlecat sur « OMW », l’architecte sonore Dam-Funk laisse le clavier de côté pour chanter sur « Extra Texture » (et on sent à quel point sa voix respire la funk), Benny Sings apporte sa touche perso sur le downtempo langoureux « Toast 2 Us »… Mais c’est surtout la présence de MF Doom qui marque les esprits sur « Dreaming of the Daytime », une de ses dernières prestations de son vivant… Les « Vibrations » sont vraiment bonnes et on peut saluer les vocalises omniprésentes de Parisalexa et Gavin Turek, ou même le travail de Gabriel Corazon-Montano, qui ont chacun droit aussi à leur minute d’exposition sur cet album numéro III.
TUXEDO IV (2023)
La funk a survécu au Covid, qui en doutait? Le seul vrai virus infectieux, c’est bien celui de cette musique, elle qui a déjà survécu au disco et Cloclo. Dès les premières minutes de ce quatrième opus, occurence parue début Novembre 2024, on sent toujours cette maitrise parfaite des codes du genre (claviers, guitares, basses, tempos, arrangements), du bout des doigts pour Jake et des voix pour monsieur Hawthorne. Les Tuxedo reprennent leurs habitudes et mécaniques bien huilées là où elles sont restées. On notera en passant dans la tracklisting les petits jeux de mots avec ‘4’ = ‘for’.
Les influences sont limpides, il y a par exemple ce « je-ne-sais-quoi » de Patrice Rushen (au hasard « Forget Me Nots ») sur « Back 4 More », du Tyrone Davis sur « We Made It », ou bien du massage auditif façon Leon Ware sur l’instrumental « Jake’s Groove ». Les vibes californiennes sont au rendez-vous, lunettes de soleil sur le nez, coude à l’air et la boîte automatique sur ‘D’ avec la série « Cake »/ »Ride With Me »/ »Windows Down ». Tout a l’air tellement facile et plaisant avec eux.
C’est classe, quoi qu’ils fassent, c’est du Tuxedo bébé, du (de la?) funk de luxe. Oui des fois dans cette chronique je dis ‘le’, des fois ‘la’, je ne sais pas sur quel pied danser ça, normal je ne sais pas danser non plus haha.
LA NOTE : 16 pour les 2 albums.


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