Matez l’affiche, les bras croisés, la mine sérieuse, ces deux noms prestigieux, cinquantenaires, ensemble. Personne ne l’a vu venir, pourtant cela s’est produit. Je tique sur ‘Vol.1’, y en aura-t-il un deuxième, ou même un troisième volume? C’est encore trop tôt pour y répondre, il faudra d’abord que cette connexion NYC-Chicago convainque.
On pouvait pas rêver mieux comme morceau d’ouverture que ce « Dreamin’ » avec ce sample soul seventies qui jaillit comme l’aurore. C’est l’identique que Statik Selektah a utilisé pour démarrer le solo B4.Da.$$ de Joey Bada$$ mais qu’importe, sur lequel Pete Rock y a ajouté du Aretha Franklyn. Common, avec son flow qui n’a pratiquement pas évolué depuis longtemps, use de ses talents de storytelling pour nous emmener avec lui dans son rêve où rappeurs et chanteurs, morts ou vivants, apparaissent comme par magie. Cela fait du bien, cela fait sourire, c’est une forme de bienveillance vis-à-vis de son public. Le morceau suivant « Chi-Town Do It » nous amène au coeur de Chicago avec un sample de soul qui colle parfaitement à l’image qu’on se fait du rap soulful de cette ville, à la sauce Pete Rock naturelllement, dans le prolongement à Be et Finding Forever. Cet Auditorium vol.1 contraste avec la noirceur dans laquelle évolue le personnage que Common incarne dans la série SF d’Apple TV Silo (Robert Sims).
Au fil des minutes, on comprend très vite que pour répondre à la thématique, Pete Rock a mis généreusement le curseur sur les samples de soul plutôt que jazz. Mais quand il réserve quelques beats bien hip-hop dont lui seul à la recette, comme sur « Wise Up » avec son sample du old school MC Shan, le plaisir est inénarrable. Vu la manière dont « Stellar » fait bouger la nuque, c’est très bon signe et pour le plaisir (pensée à Herber Léonard qui nous a quitté récemment aussi), Pete Rock qui tâte le mic sur « All Kind of Ideas ». La présence de Posdnuous des De La Soul, qui venait de perdre son ami, sur « When The Sun Rises Again » (avec Bilal au refrain) donne chaud au coeur. Autrement, les jolis samples calment le tempos et offrent un bon terreau pour le rap conscient (longtemps que j’ai utilisé ce terme) de Common, qui a le mérite d’écriture trois couplets par morceaux comme cela se faisait auparavant. En fait, cet album sonne exactement comme ce à quoi on pouvait s’attendre d’un album entre ces deux hommes. Si certains titres peuvent ennuyer malgré leur joliesse, « So Many People » (avec un Bilal incroyable) et « Everything’s So Grand » sortent le grand jeu. « A GOD (There is) » est l’occasion pour le rappeur d’inviter sa nouvelle compagne qui n’est autre que la chanteuse soul/r&b Jennifer Hudson.
Cette collaboration entre Common et Pete Rock leur aura valu une nomination dans la catégorie Best Rap Album aux Grammy Awards 2025. Une belle reconnaissance en soi. The Auditorium vol.1, sans être exceptionnel, n’est pas qu’un des temps forts de l’année 2024, mais aussi de la décennie. Bon, alors, un volume deux ou pas??? Pas de faux espoirs svp les gars après nous laisser sur un « Now and Then » qui donne envie d’une suite plus hip-hop.
LA NOTE : 16,5/20.


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