Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

YG « I GOT ISSUES » @@½


Puisque je m’étais arrêté à Stay Dangerous en 2018, un petit récap’ s’impose. 4Real 4Real paru en 2019 fut un pétard mouillé. YG a échoué une fois de plus à faire monter la mayonnnaise avec DJ Mustard avec ce quatrième opus, qui n’est qu’une copie de copie du précédent album. Mis à part trois-quatre tracks comme « Stop Snitchin’ », « Do Ya Dance » et l’hommage à Nipsey Hussle, ça tourne en rond. Constat encore moins reluisant avec My Life 4Hunnid l’année suivante, cette fois sans Mustard mais plein de guests chéros comme Tyga et Chris Brown (berk berk), Lil Wayne, Ty Dolla $ign. Aucun titre n’avait retenu mon intérêt sauf le timide « FTP », histoire de rappeler que le rappeur de Bompton garde une fibre gangsta sociale-politique. Ne comptez donc pas sur moi pour faire une chronique complète pour ces deux albums, flemme.

C’est là que l’été 2022, sans prévenir, YG fait sensation avec le caniculaire « Maniac ». On n’y croyait plus. Le single est ultra-efficace, vraiment mortel, avec ces gros moogs, un tension palpable, ces petites sonorités typiquement westcoast, ce refrain psycho-pimenté et dans le clip, cette Chevrolet Impala ’72 et ses phares avant rouges qui font peur. La rencontre avec Hit-Boy fait des étincelles. Avec cette rime qui me fait toujours sourire « The way I mack hoes I should be sponsored by Apple ». Là je me suis dit « cette fois, c’est la bonne » avec son sixième album (et dernier) chez Def Jam. He bah c’est-à-dire que j’ai été trompé.

De bons titres qui se comptent sur les doigts d’une main et un très bon single pour un disque trop moyen. Voilà comment on pourrait résumer la chose. Les bons titres, à commencer par « Toxic » dont le sample de « Be Happy » de Mary J Blige tranche avec le thème relationnel sur un angle très négatif, surtout pour enchaîner après un inutilement misogyne « Baby Momma ». On me dira « qu’est-ce tu veux, c’est un gangsta rappeur ». Mais tu vois on est en 2022 et c’est quand même rétrograde. « Go Dumb » la joue « Tell Me When To Go » de E-40 dans une version molle, cross-over avec la chanteuse H.E.R.. Merci pour le clin d’oeil. Sur une note plus drama, « No Weapon » relève le niveau avec la présence de Nas, avec une fin d’album relativement calme qui tient à peu près la route. Et le reste? Parfaitement bancal. C’est simple, on a l’impression d’écouter des instrus mid du début des années 2000, quand le rap westcoast sans Dr Dre était à la peine. Et ce n’est pas Swish, pourtant incroyable sur Still Brazy, qui arrive à maintenir la barre. Un titre au potentiel énorme comme « How To Rob a Rapper » semble sortir d’une vieille mixtape, pareil pour « I Dance », « Scared Money » (avec des couplets gâchés de J.Cole et Moneybagg Yo)… On aurait limite souhaité que Suga Free, qu’on peut entendre dans le décor de « No Love » et « Sober », soit absent de I GOT ISSUES tellement l’album est bâclé. Il n’y a plus grand chose à sauver.

I GOT ISSUES fut donc une fausse alerte à la bombe. Pas loin de scander « remboursez! » On apprendra des années après, dans une interview, que YG avait avoué à Kendrick Lamar avoir volontairement saboté ses albums pour se défaire rapidement de son contrat chez Def Jam. Kendrick lui a répondu que ce n’est pas nécessairement la bonne solution, et qu’il faut se donner à fond sur chaque album. Dommage qu’ils n’en aient pas discuté plus tôt…

LA NOTE : 10,5/20.

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